C’était sa dernière chance d’accrocher les minima olympiques de Londres. Et même s’il n’a pas atteint son but, Jérôme Caprice n’a pas de regret. Le marcheur mauricien n’a pu finir que 65e dimanche à l’arrivée du 50 km des mondiaux de marche tenus à Saransk en Russie. Il a terminé en 4h22’49, soit à 44’41 du vainqueur et leader mondial de la spécialité, le Russe Sergey Kirdyapkin, crédité de 3h38’08.
Jérôme Caprice, dont c’était la deuxième sortie sur la distance cette année, était à sa première participation aux mondiaux. Il s’était signalé le 24 mars à Dudince en Slovaquie lors du European IAAF Permit Meet en se rapprochant des minima olympiques, terminant 30e en 4h27’37 pour se situer à 20’00 du barème B de Londres (4h07’00).
Il avait certes effectué un grand pas en battant sa marque personnelle de 15’00, réalisée en octobre dernier à Tilburg en Hollande en 4h42’40. Mais les quelques minutes qu’il a encore grignotées dimanche en Russie n’ont pas suffi. Il garde tout de même l’espoir d’être retenu au moment voulu pour le voyage à Londres.
« En six mois d’entraînement intensif, j’ai constamment progressé. Dimanche, j’ai donné tout ce que j’avais pour me surpasser. Et je suis quand même satisfait d’avoir terminé, confie-t-il.
Le Mauricien est l’un des deux Africains avec le Sud-Africain Marc Mundell, 26e à l’arrivée en 3h37’57, à avoir terminé la course, le Congolais Albert Mukwa Ngambene et le Malgache Fedosei Ciumacenco n’ayant pas terminé. Ils font partie des 35 abandons enregistrés contre trois disqualifications. 72 coureurs sur les 110 inscrits au départ ont par contre terminé leur course.
« J’ai signé le 2e meilleur temps africain de l’année et cela a transformé ma performance en émotion. En six mois d’entraînement sans stage, je suis à 15 minutes des minima. Pour faire mieux, il m’aurait fallu un stage et plus de soutien. Maintenant, la grande et unique décision appartient à l’Association mauricienne d’athlétisme et au Comité olympique mauricien, ajoute Jérôme Caprice.
Il estime qu’il se situe actuellement au même niveau que « les meilleurs Français et Anglais au 50 km » et qu’il vaut « 4h07. » Dimanche, le premier Français, Xavier Le Coz, s’est classé 39e à l’arrivée en 4h05’06 et le premier Anglais, Dominic King, à la 51e place en 4h13’25.
« Le 50 km est une épreuve très exigeante et épuisante qu’on ne peut répéter chaque mois. Cela demande environ deux mois de récupération. Moi, en même pas deux mois, j’ai battu mon record de 5’00. Je dois pour cela remercier mon coach hollandais Hans van der Knaap ainsi que Sylvie Ah Kang, qui continue à me soutenir moralement au téléphone avant mes courses, et ma famille, qui rêve de me retrouver sur la ligue de départ à Londres. » Hans van der Knaap est aussi juge technique de marche de l’IAAF.
Du côté de l’AMA, on affirme qu’il est encore tôt pour se prononcer sur les candidats qui pourraient éventuellement faire leurs valises pour Londres. D’autant qu’aucun d’entre les huit présélectionnés n’a ce jour satisfait les minima. Mais une chose est claire, « seuls ceux qui réaliseront les minima seront sélectionnés. » « Mais s’il n’y en a aucun, l’athlète se trouvant le plus prêt des minima obtiendra alors une wild card, soit une en masculin et l’autre en féminin », soutient Vivian Gungaram, secrétaire de l’AMA.
Les athlètes dont les noms ont été déjà soumis au COM pour les besoins d’accréditation sont ceux de Fabrice Coiffic, Jonathan Permal (sprint), Guillaume Thierry (décathlon), Antonio Vieillesse (400 m haies), Jérôme Caprice (50 km marche), Annabelle Lascar (800 m), Mary-Jane Vincent et Stéphanie Guillaume (sprint). La liste finale des athlètes qualifiés ne sera connue que le 1er juillet.