Lucy Latour disputera les play-offs au sein du Saint-Denis Olympique au cours de ce mois d’avril

La porte de la présélection féminine de volley-ball semble définitivement fermée pour Joanita Latour. Évoluant au sein de la formation réunionnaise de Saint-Denis Olympique, elle ne figure pas au sein d’une présélection qui participera à un stage en Thaïlande le mois prochain avant d’aborder les Jeux des îles en juillet. La joueuse se dit déçue et crie à l’injustice. Par contre, le directeur technique national, Zoran Kovacic, maintient qu’il ne peut faire confiance à un élément qu’il n’a pas vu en action, étant ainsi incapable de juger de son potentiel.

« C’est injuste. J’ai toujours voulu défendre les couleurs de mon pays. Je me trouve dans l’incompréhension la plus totale et j’ai l’impression d’être mise à l’écart », clame Joanita Latour, jointe au téléphone mardi. Repérée lors des derniers Jeux des îles à La Réunion en 2015, elle avait rejoint dans un premier temps les rangs du VB2 CO de Saint-Paul, avant de se retrouver dans l’escouade de la formation dionysienne, équipe qui a remporté le championnat de l’île sœur et qui défendra son titre au cours de ce mois d’avril lors des play-offs face au Tampon Gecko Volley, au VBC Saint-Denis et au VB Saint-Pierre. « Il était question que je rejoigne la présélection à l’issue des play-offs, mais cette proposition n’a pas été approuvée », souligne-t-elle.

Il est à noter que Joanita Latour était à Maurice en janvier, mais les séances d’entraînement avaient été suspendues en raison de la préparation des équipes en vue du championnat des clubs de la zone 7. De retour à La Réunion, elle avait disputé les rencontres du championnat, tout en poursuivant ses études et en dispensant des cours auprès des jeunes. Il était également question qu’elle effectue des allers-retours à Maurice pour des séances d’entraînement avec la présélection. « Le DTN m’avait demandé d’être présente à Maurice au moins sept mois avant les Jeux. En raison de mon emploi du temps à La Réunion, j’étais disposée à effectuer des allers-retours, pour ensuite rejoindre définitivement la présélection fin avril », précise-t-elle.

Toutefois, selon Stéphane Mouezy, président de Saint-Denis Olympique, les demandes effectuées auprès de la fédération mauricienne sont demeurées sans réponse. Un tantinet ironique, ce dernier avance l’argument suivant : « À mon avis, Joanita se trouve être actuellement une des meilleures réceptionneuses-attaquantes de notre championnat. Si Maurice accepte de se passer de ses services, il est certain qu’elle possède une sélection réellement très, très forte ». Et d’ajouter : « C’est une joueuse qui a beaucoup progressé depuis les derniers JIOI et qui a gagné en puissance. »

Stéphane Mouezy fait également remarquer que son club n’a à aucun moment contraint Joanita Latour à ne pas se rendre à Maurice. Bien au contraire, il était disposé à encourir ses frais de déplacement. Il se demande tout de même si Zoran Kovacic ou un autre membre du staff technique n’aurait pu se rendre à La Réunion afin d’évaluer la prestation de la joueuse au cours des play-offs qui débutent ce week-end. Reste que le DTN demeure sur sa position à l’effet qu’il n’a pas vu la volleyeuse à l’œuvre, contrairement aux quatre Rodriguaises présélectionnées et qu’il possède déjà une escouade avec laquelle il travaille depuis plus d’un an. Une opinion que partage l’entraîneur national, Martine Bistoquet. « Il nous est difficile d’évaluer une joueuse si elle n’est pas présente. Même si elle nous rejoint après le stage en Thaïlande, le délai sera trop court jusqu’aux JIOI. De plus, une dynamique de groupe a été créée avec la présence de joueuses en permanence ».

Au niveau de la fédération locale, on essaie d’éviter toute polémique sur ce sujet. « Le choix revient au DTN. Il a une équipe sous la main depuis plus d’un an et nous ne pouvons intervenir dans ses choix », fait ressortir Fayzal Bundhun, président de cet organisme. Quoi qu’il en soit, Joanita Latour, qui a bénéficié d’un stage de six mois à l’Université de Nottingham en Angleterre à partir de septembre prochain, semble résignée. « J’ai l’impression d’avoir été mise à l’écart, alors que le volley-ball compte beaucoup pour moi. » Tout de même, elle sera présente à Maurice pour les Jeux. « Je viendrai supporter ma sœur Lucy », souligne-t-elle. Mince consolation.