Grâce à plusieurs déclics dans sa vie et grâce notamment au projet de développement communautaire mis en place par Jean-Noël Adolphe à Cité Barkly, Jonathan Arsène a su saisir les opportunités pour se bâtir un avenir. Du statut d’analphabète, le jeune homme de 25 ans est passé à celui de coordonnateur. Gradué en avril dernier, il gère aujourd’hui le Centre of Learning de Cité Barkly, institution opérant sous Caritas.
« Nous étions amis pour la vie. Nous ne pensions qu’à jouer au ballon, à monter la colline, à faire le tohu-bohu dans le voisinage. Nous n’accordions aucune importance à l’éducation. Personne ne nous y avait jamais encouragés ». C’est ainsi que Jonathan Arsène a passé son enfance, jusqu’en sixième. À l’école primaire qu’il fréquentait à l’époque, chaque année, lui et ses amis passaient automatiquement en classe supérieure indépendamment de leurs connaissances. Alors qu’il était appelé à préparer ses examens du CPE, le garçonnet ne savait toujours pas lire ni écrire… « C’est à Cité Barkly que je suis né et que j’ai grandi. J’y ai passé toute ma vie. Et, comme tous les enfants de la cité, à l’époque, j’étais confronté à de nombreux problèmes sociaux. Nous étions exposés à l’alcool et à la drogue », nous raconte Jonathan Arsène, plein d’allant et sans inhibition aucune, preuve qu’il a su surmonter bien des obstacles et se positionner au-dessus des a priori autour de ces fléaux sociaux. « Jusqu’à la sixième, j’étais analphabète ! » confie-t-il encore, se remémorant le temps où, livrés à eux-mêmes et remplis d’insouciance, l’éducation était le cadet de leurs soucis, ses amis et lui. Jean-Noël Adolphe n’eût-il pas lancé le projet de développement communautaire dans les années 2000 qu’aucun changement n’aurait eu lieu dans la vie du garçonnet d’alors. « Nou ti zis zoue boul, al fer dezord kot dimounn, grinp kolinn ». D’ailleurs, à sa première tentative, il se voit attribuer 4 F. Selon une étude entreprise alors par l’initiateur du projet, sept enfants sur dix se portaient candidats aux examens du CPE et seuls trois y réussissaient. De ces trois, pas tous poursuivaient jusqu’en HSC et encore moins à l’université. « Il y a eu beaucoup d’intérêt pour ce projet. Et comme bien d’autres enfants, j’ai reçu un accompagnement spécial à l’école. Un jour, un enseignant m’a approché pour me dire que j’avais le potentiel. Je me suis ainsi engagé chaque jeudi à suivre des classes de rattrapage ».