Cheveux coupés au ras du crâne, grandes jambes solides qui ne demandent qu’à filer comme le vent, bras musclés avec des veines apparentes : Jonathan Bardotier est né pour courir. Champion de Maurice du 200 m, il concilie athlétisme et coaching au sein de la Special Support Unit de la police. Un métier qui va de pair avec ses envies de vitesse et qui l’aide dans sa démarche d’aller encore plus vite.

Nous le rencontrons sur le parcours de santé du Dauguet à Tranquebar, non loin de chez lui. Jonathan Bardotier rayonne par sa simplicité. Chez cet homme assez réservé, la gentillesse saute aux yeux. Après quelques minutes de conversation, il finit par être un peu plus loquace. “Je suis quelqu’un d’assez discret, je suis plus à l’aise avec moi-même. J’aime ma tranquillité.”

Plusieurs titres au palmarès.

Cet habitant de Tranquebar est le champion de Maurice du 200 mètres. Il a été sacré cette année aux championnats d’athlétisme. Il a aussi été champion de Maurice du 100 m et du 400 m au cours de ces cinq dernières années. Ses titres de champion, il les a obtenus grâce à son abnégation et sa volonté de se donner à fond à l’entraînement.
C’est cela qui l’a amené à devenir coach au sein de l’unité de la Special Support Unit (SSU). “Le fait que je m’entraîne tous les jours et que je suis en forme m’aide beaucoup dans mon boulot. Le sport m’a permis de trouver ma voie. C’est grâce à l’athlétisme que je me retrouve à entraîner les membres de la SSU.”

Depuis deux ans, c’est lui qui donne le tempo chaque matin à l’entraînement. Toute la branche de la SSU est sous ses ordres pour tout ce qui touche à la condition physique. “J’ai d’abord effectué mon training avant qu’on me nomme coach en 2016. J’adore mon travail, c’est quelque chose que j’aime faire. Même si les séances d’entraînement au sein de la SSU diffèrent de celles que je fais pour l’athlétisme, elles m’aident à me rendre meilleur au sprint. C’est un gros bonus pour ma carrière de sportif. Je ne pense pas que si j’étais dans un bureau de 9h à 17h, j’aurais le niveau que j’ai actuellement. Mon travail m’aide à être un meilleur sportif.”

Sport et cuisine.

Son métier l’amène parfois à être déployé sur le terrain lorsque le besoin se fait sentir. “J’aime ce métier-là, j’aime cette dose d’adrénaline lorsque je suis sur le terrain quand il y a du désordre. Nous sommes formés pour cela. C’est une fierté aussi d’être là pour empêcher la situation de dégénérer.” Faire partie de la force policière ne faisait pas partie des ambitions du sprinteur. C’est sa sœur qui, en faisant sa demande pour intégrer la police, l’a inscrit sans qu’il ne le sache. L’ironie du sort a voulu qu’il soit pris et pas elle. “Je n’étais pas au courant. Quand je l’ai su, j’étais très surpris. Je voulais avoir un travail au Port pour suivre les traces de mon père, mais j’ai accepté de rejoindre la force policière car on avait retenu ma candidature.”

Son métier a un lien évident avec sa passion sportive, mais les autres hobbies du sprinteur sont pratiquement aux antipodes. En fin gourmet qu’il est, l’homme le plus rapide de Maurice sur 200 m aime se confectionner des petits gâteaux. “Je ne sais pas préparer de grands plats mais j’ai appris à cuire des petits gâteaux au yaourt par exemple, en regardant faire ma mère. J’aime beaucoup passer du temps dans la cuisine.”
Très casanier, Jonathan Bardotier aime passer du temps seul ou avec sa copine à regarder des émissions de téléréalité. “J’aime suivre Moundir et les apprentis aventuriers ou Les anges de la téléréalité.” Il aime également se faire plaisir de temps en temps en faisant un peu de shopping.

“Être champion devant le public mauricien”

Après le titre de champion de Maurice du 200 m et sa deuxième place au 100 m, les yeux de Jonathan Bardotier sont désormais fixés sur les championnats d’Afrique, prévus en août, avant l’étape cruciale des Jeux des Îles en 2019. “Aux championnats d’Afrique, je vais courir contre de très bons athlètes, cela me poussera à faire de mon mieux. Ces championnats me serviront de tremplin pour aborder les Jeux des Îles dans les meilleures conditions. Mon objectif est d’être champion devant le public mauricien.”

Pourtant, lors de sa première année au collège La Confiance, Jonathan Bardotier n’avait pas vraiment d’atomes crochus avec le sport. “Tout ce qui m’intéressait à cette époque, c’était être devant la télé ou mon ordinateur. J’accordais très peu d’importance au sport. Des gens ont vu du potentiel en moi et m’ont conseillé de m’y mettre sérieusement. Kan mo ti dan kolez, mo ti pe met paryaz avek bann dimounn ki ti pe fer atletism e mo ti pe bat zot. Je me suis dit : je n’ai rien à perdre. J’avais 13 ans; c’est à ce moment que j’ai découvert mon potentiel.

À ma première compétition dans la catégorie minimes, j’ai terminé troisième au niveau national. J’ai alors intégré le centre national. Petit à petit, j’ai progressé car j’ai eu de bons entraîneurs qui m’ont bien encadré. C’est là que mon amour pour ce sport s’est développé. Je ne ratais aucune compétition d’intercollèges; on avait une grande rivalité avec le collège St-Mary’s. Je gagnais tout le temps, je n’envisageais pas de perdre puisque je courais au niveau national. J’avais une réputation à défendre.”


BIO EXPRESS

Situation familiale : en couple.
Âge : 26 ans
Totem : lion.
Plus grande frayeur : Je n’ai peur de rien.
Plat préféré : halim.
Film préféré : Apocalypto.
Chanteur préféré : Dadju.

Parcours

2011 : Participe aux championnats d’Afrique juniors où il obtient la médaille de bronze au relais 4×100 m.
2013 : Il est sacré champion de Maurice du 200 m.
2015 : Est sacré champion de Maurice du 400 m. Participe aux championnats d’Afrique et termine 4e au 400 m et décroche la médaille bronze au relais 4×400.
2016 : Il est double champion de Maurice sur 100 m et 200 m.
2017 : Champion de Maurice du 200 m et vice-champion au 100 m.
2018 : Champion de Maurice du 200 m et vice-champion au 100 m.