Il n’y a pas d’âge pour se lancer dans le social et pas d’âge non plus pour rêver qu’un jour les plus démunis verront enfin leur situation s’améliorer. C’est en tout cas cette expérience que vit Jordan Ramsamy au quotidien. Et plus celui-ci poursuit son cheminement, plus sa dévotion pour les personnes dans le besoin ne cesse de grandir. C’est d’ailleurs dans cette optique que le jeune homme a mis en place le concept d’Operation Happiness.
Passionné autant par le social que par le sport, et malgré ses à peine 20 ans, Jordan Ramsamy garde néanmoins les pieds sur terre. Ce qui n’empêche pas le jeune homme de nourrir de grandes ambitions pour aider ceux dans le besoin. Pour lui, tout a commencé il y a un an, lorsqu’il s’est posé la question : « Mais qu’est-ce que je fais de ma vie ? » Pour lui, la réponse s’imposait comme une évidence : il lui fallait faire quelque chose de constructif. C’est ainsi qu’est né le projet Operation Happiness, qui consiste principalement à partager de la nourriture avec les gens de la rue, que ce soit les prostituées ou les SDF, dans la région de Port-Louis pour l’instant. Bref, un Resto du Coeur 100% local, avec les moyens du bord.
Ce projet, il l’a conçu avec toute sa passion, et ce sans avoir vraiment rencontré d’obstacles. « Mais je ne cherche pas à faire de choses extravagantes », dit-il. Au début, l’équipe était composée de 10 personnes, contre 40 aujourd’hui.
Jusqu’à présent, Jordan Ramsamy a organisé quatre éditions de l’Operation Happiness, la cinquième étant prévue lundi soir à l’occasion des fêtes de Noël et du Nouvel An. « Alors que certains célèbrent, d’autres ne peuvent pas jouir de cette période. Moi, je cherche à rendre leur dignité à ces personnes. »
Ce jeune travailleur social n’est heureusement pas tout seul. Son entourage et ses parents lui sont à ce titre d’une aide précieuse. « Tout est conçu à la maison. Si cela tombe un dimanche ou un jour de congé public, nous nous levons à 5 h du matin et préparons la nourriture, que nous emmenons ensuite à La Kaz A, de  Port-Louis, pour continuer les préparations », explique Jordan.
Jordan a cependant d’autres rêves et centres d’intérêt. Mais pour l’instant, sa passion, c’est le social. « Au collège, je voulais être prof de sport et faire des études dans cette filière. Mais, depuis que j’ai touché au social, l’envie de faire plaisir aux gens dépasse tout. C’est moi qui ait le plus reçu et c’est cela qui fait de moi Jordan Ramsamy », témoigne cet ancien élève du collège St-Joseph. À présent, il étudie au Charles Telfair Institute pour l’obtention d’un degré en Community Services Work. Quant à ce qu’il a construit, c’est grâce à un SDF, lors du premier Operation Happiness, qui lui a dit : « Frer, sa pa enn boutey delo ki to pe donn mwa mai enn boutey delo beni, akoz tonn mett tou to lamour ladan. » Des paroles qui ont définitivement changé sa vision des choses.
Rome ne se bâtit pas en un jour, et Jordan Ramsamy non plus. Au début, il avoue ainsi qu’il ne connaissait rien au domaine social et que c’est grâce à Dean Rungen et toute la famille qu’il a commencé à « tracer » sa route. « Il n’est pas nécessaire d’être fort, l’important, c’est de laisser parler son coeur. » Et de citer ses maîtres à penser, à l’instar de Mère Teresa et Gandhi qui, pour lui, se sont débarrassés de leur confort pour venir en aide aux nécessiteux.
Aujourd’hui, Jordan Ramsamy a rejoint l’Ong LEAD, à travers laquelle il a « la chance de côtoyer les plus grands travailleurs sociaux ». Il croit d’ailleurs en une place plus importante pour les jeunes dans ce milieu. « Ma perception du social, aujourd’hui, c’est de voir que de plus en plus de jeunes s’engagent volontairement dans ce domaine. »