L’association socioculturelle Rastafari a réuni la presse mercredi au centre Marie Reine de la Paix pour exprimer ses inquiétudes quant à l’avenir de Maurice et parler de son pèlerinage annuel au Morne le 1er février.
À l’occasion du 177e anniversaire de l’Abolition de l’esclavage, l’Association socioculturelle Rastafari (ASCR) organise son pèlerinage annuel qui aura lieu le 1er février au Morne. Cette procession débutera à 9 heures en l’église de Cassis pour se clôturer au village du Morne. Est prévu un défilé qui commencera à 11 heures pour rallier Trou-Chenille. Une journée de réflexion sur l’esclavage est aussi programmée.
José Rose, président de l’association socioculturelle Rastafari, s’est appesanti sur le développement socioéconomique à l’île Maurice. Dans la foulée, il a fait part de ses inquiétudes concernant le statut social de la communauté créole. Il ne comprend pas comment après 600 ans d’histoire les riches continuent à s’enrichir alors que « les descendants africains / malgaches sont toujours les plus démunis de la société ». M. Rose a aussi déploré la condition de vie des familles pauvres à Maurice. Allant même jusqu’à dire que « l’esclavage est toujours présent… Les créoles subissent toujours l’injustice, le communalisme et le favoritisme » malgré l’abolition de l’esclavage.
Le porte-parole de l’ASCR se dit révolté contre l’effritement du patrimoine mauricien. Selon José Rose, cet « effritement » est dû à la disparition graduelle des appellations des rues. Il demande au gouvernement et aux organisations non gouvernementales de travailler de concert avec eux pour « empêcher l’assassinat du patrimoine mauricien ». Et de souligner qu’il est essentiel que « les enfants sachent que l’Aapravasi Ghat a été construit par les esclaves ».
José Rose a par ailleurs exprimé sa satisfaction quant à l’introduction de la langue créole au cycle primaire. L’ASCR dit attendre avec impatience le jour où le Kreol Morisien fera son entrée au parlement et au judiciaire. Le président n’a pas manqué de faire part de sa demande pour un lopin de terre à Chamarel. Il sollicite aussi un rendez-vous avec le ministre des Terres et du Logement pour la concrétisation du projet Nayabingi tabernacle de l’ASCR. Un lieu de culte où les Rastas pourront prier et les touristes auront la possibilité de découvrir la « face cachée de l’histoire de Maurice ».
Le porte-parole de l’ASCR a aussi parlé du « droit à la culture ». C’est-à-dire la consommation libre du gandia par les Rastas. Ce qui, selon lui, est une partie intégrante de leur rituel. José Rose a demandé que le gouvernement mauricien leur donne le droit de fumer le gandia pour éviter l’emprisonnement et autres condamnations.
José Rose a lancé une invitation aux Mauriciens, toutes religions confondues, en particulier les Créoles, à venir en grand nombre au pèlerinage du 1er premier février au Morne.