Le temps s’arrête. Quelques jours après l’inauguration de l’espace tant rêvé, qui ouvrait un autre chapitre de l’histoire. Mais Mo’Zar vivra. D’une manière ou d’une autre, dans les coeurs, dans les êtres qu’il a forgés, dans la musique, dans les mémoires, dans le souffle gravé.
Nous l’avons suivi depuis le début, convaincu qu’un miracle de Camp Zoulou était possible. Il en avait fait une belle symphonie. Nous avons replongé dans les souvenirs, dans les reportages consacrés durant toutes ces années. Il y avait toujours quelque chose à raconter et il restait encore beaucoup à écrire. Mais la semaine dernière, José Thérèse s’en est allé…
C’était une de ces fois où l’interview accordée sur le trottoir d’en face de l’école avait eu pour toile de fond un concert improvisé dans la rue qui traverse Cité Roche Bois. La clarinette avait lancé les premières notes de Straight, No Chaser de Monk; les autres instruments avaient suivi. Cet après midi-là, il avait fait déposer des tabourets en bordure de la ruelle, à l’ombre du mur du voisin. À l’intérieur de l’atelier, “il risque de faire trop chaud”.
Il y a encore quelques semaines, l’Atelier Mo’Zar occupait toujours l’étage de la maison des parents de José Thérèse à cité Roche Bois. Avant, le jour des grandes répétitions, “on s’entasse comme on peut. Certains restent à l’intérieur, d’autres se mettent sur l’escalier. Ceux qui ne peuvent entrer restent dehors”. Un maximum de 150 élèves à la fois : le nombre avait été commandé par l’espace dont dispose la structure, considérée comme l’une des plus grandes écoles de musique du pays. “Nou dan letaz enn lakaz site. To kone, pa tro ena lespas ladan”, soulignait avec une pointe d’ironie José Thérèse. C’est toujours avec le sourire qu’il aimait le confirmer : “Effectivement, je n’ai jamais pu habiter ma maison.”