Impressionnant vainqueur à sa dernière tentative, qui constituait seulement sa deuxième sortie au Champ de Mars, Olympic Bolt s’attaque maintenant à un palier supérieur. L’élève d’Alain Perdrau monte de trois classes puisque sa dernière victoire fut acquise dans une course de B51. Même si l’opposition est plus relevée, Olympic Bolt a plusieurs facteurs qui plaident en sa faveur, dont le poids et la distance.
L’idée de rallonger le fils d’Asiatic Boy trottait déjà dans la tête de son entourage à l’issue de sa victoire sur 1400m. Yannick Perdrau, dans sa déclaration à chaud, et Raymond Danielson, un peu plus tard dans nos colonnes, avaient trouvé qu’Olympic Bolt devrait davantage être compétitif sur 1600m. C’est chose faite car ils ont pu lui trouver un engagement à sa convenance. Reste qu’Olympic Bolt affronte de meilleurs compétiteurs. Certains argueront aussi, sans doute avec raison, qu’il pourrait ne pas bénéficier de circonstances similaires à la dernière fois. Si on partage cet argument, on est d’avis que Raymond Danielson saura s’adapter aux conditions de course et que même si celle-ci est réduite à un sprint, Olympic Bolt aura des arguments à faire valoir.
Cependant, une course n’est jamais gagnée d’avance et, à ce titre, Olympic Bolt devra se méfier de Bulsara, dont la fin de course à sa reprise n’est pas passée inaperçue. On se souvient que ce double vainqueur classique (Duchesse 2014 et Barbé 2015) avait mis à son crédit la meilleure marque pour les 600 derniers de l’épreuve (35.67) et ce, en dépit d’un manque cruel de rythme. Cette course lui a fait du bien étant donné qu’il nous a paru dans une forme nettement améliorée au training. Sur sa valeur intrinsèque, il reste un danger certain pour Olympic Bolt, car lui aussi se sentira pousser des ailes sur la distance du jour.
Cela dit, on n’écartera pas pour autant son compagnon d’entraînement Disco Al qui, lui, devrait mieux se comporter sur 1650m. Stayer confirmé, il fut logiquement pris de vitesse lorsque le sprint fut lancé dans la Duchesse. Faute de course pour lui, il a été contraint de se maintenir en forme au training. Même si ses objectifs restent les courses de moyennes distances, cet excellent finisseur devrait donner un aperçu de son métier samedi.
À l’avant, on devrait retrouver Karraar, qui tente le pari osé de reprendre directement sur le mile. Sa rentrée tardive s’explique par le fait que son programme a été chamboulé suite à une chute à Floréal. Son entourage lui a prodigué les soins nécessaires et on peut dire qu’il est complètement rétabli. Du point de vue du fitness, on dira qu’il n’est pas encore à son meilleur niveau mais qu’il s’y rapproche graduellement. Il compte du reste une vingtaine de galops sous les sabots. S’il retrouve ne serait-ce qu’une partie de sa forme 2016, il faudra aller le chercher. Son compagnon d’entraînement Everest a été maintenu fresh en vue de cette course. Il n’a pas été aussi ridicule qu’on pourrait le penser à sa dernière sortie dans une course compétitive. Il n’est pas impossible qu’on le retrouve proche du pas cette fois, ce qui fera de lui un bon candidat pour un podium.
Du côté de Rameshwar Gujadhur, c’est la carte Solar Star qui a été sortie. Coursier qui s’est aventuré jusqu’à 3200m dans son pays natal, ses objectifs restent les courses de moyennes distances. Sujet maniable qui peut tout aussi suivre de près que venir au finish, le parcours est idéal pour une reprise. Il est à suivre pour l’avenir.
À l’instar de l’entourage d’Olympic Bolt, celui de Rap Attack s’était déjà fait à l’idée de le rallonger. Coursier qui possède de la tenue, il n’a rien fait de mauvais en deux sorties au Champ de Mars. Il affronte certes un lot relevé, mais pour les places, ce bon finisseur devrait avoir son mot à dire. Il en va de même pour Open Heir dont la première sortie lui a fait un bien énorme. Il est dans de meilleures dispositions et sur le parcours du jour, il devrait être mieux à même de se défendre. Bon finisseur, on aurait tort de le sous-estimer.