Intervenant sur le Budget 2012 hier au parlement la députée MMM s’est dit très préoccupée par la fracture sociale entre riches et pauvres déjà existante. Ce budget, selon Josique Radegonde, vient la creuser davantage. Elle a évoqué l’absence de mesures pour la réforme de plusieurs secteurs, notamment du sucre, du textile, de la pêche, de la sécurité alimentaire et du logement.
Josique Radegonde s’est fait porte-parole des ouvrières de la Zone franche, plus particulièrement du secteur textile. « Ces mères de famille par leur travail à l’usine ont fondé l’industrie et fait croître ce pilier de l’économie mauricienne. Aujourd’hui, l’on observe que 74 usines ont fermé leurs portes; des milliers d’ouvriers et ouvrières ont perdu leur emploi, recyclés ou redéployés ailleurs après des années de dur labeur. Et l’intervenant précédent (NdlR : Michaël Sik Yuen) vient glorifier le présent budget ! Shame ! ».
La députée MMM a dit observer par les différentes interventions de la majorité que « our new religion is growth and efficiency ». Or, a-t-elle ajouté, réduire l’économie à des valeurs chiffrées ne fera qu’accentuer les inégalités sociales. Elle en veut pour preuve la création d’hypermarchés et de magasins de luxe partout dans l’île et inabordables, selon elle, à la masse des Mauriciens. Cela, alors que les petits planteurs cherchent à vendre leurs produits au bord de la route. Si elle n’est pas une économiste, a-t-elle précisé, sa formation de sociologue lui fait entrevoir des jours sombres pour les gens qui luttent pour vivre chaque jour. « La distribution de la richesse nationale est inégale et provoquera un agrandissement du fossé entre riches et pauvres. Ce gouvernement loin d’être “caring” est plutôt “scaring” ! », s’est exclamée la députée.
Mme Radegonde a plaidé pour les pêcheurs qui ont besoin de life jackets et de radio pour alerter les autorités en cas de difficultés en mer, autant d’items qu’elle ne retrouve pas dans le Budget 2012 et qui auraient dû être mis à leur disposition gratuitement. La députée a aussi parlé des lagons qui se dépeuplent. S’agissant des petits planteurs, elle a évoqué leur difficulté financière et d’accès au capital pour moderniser leurs équipements. Elle a suggéré la subvention des intrants agricoles, des facilités d’accès aux marchés tels les hôtels.
Josique Radegonde a fait un vibrant plaidoyer en faveur du respect du travail des artistes qui, a-t-elle rappelé, contribuent eux aussi au Produit intérieur brut. Elle a réclamé la nomination au plus vite d’un président au conseil d’administration de la MASA et la rigoureuse mise en oeuvre de la Copyright Act afin de protéger la création artistique du pays.
Enfin la députée de Savanne / Rivière-Noire a plaidé en faveur des low income earners de la circonscription, particulièrement du Morne, l’une des régions qu’elle considère comme parmi les plus mal loties du pays. Mme Radegonde a insisté sur les difficultés récurrentes en matière de transport en commun, de fourniture d’eau, de drains bouchés, d’accès pour les enfants à l’école maternelle payante à « Rs 600 par mois » et sur un problème majeur qui y perdure : celui de glissement de terrain qui menace le bâtiment de l’école gouvernementale.