La Journée mondiale du diabète est observée aujourd’hui. Une étude sur les maladies non transmissibles de 2009 menée par le ministère de la Santé et le Baker IDI Heart and Diabetes Institute d’Australie (Melbourne) indique que 26,9 % des Mauriciens âgés entre 30 et 74 ans sont diabétiques. Les personnes, qui sont en voie d’être diabétiques, constituent quant à elles 24,2 % de la population des 25-74 ans. En outre, 47 % des diabétiques ont un taux de sucre sanguin (glycémie) de neuf et plus, chiffre considéré élevé par la médecine.
Il est estimé que 174 000 personnes entre 25 et 74 ans sont diabétiques. Selon l’enquête ethnique, 25,1 % des hindous et 14,4 % des Mauriciens d’origine chinoise sont touchés par la maladie. L’étude montre aussi que 22,6 % des créoles sont diabétiques et il en est de même pour 22,4 % des musulmans.
La composition ethnique locale d’origine sud-asiatique, chinoise et africaine fournit aux chercheurs un échantillonnage représentatif pour des études mondiales sur le diabète de type 2, qui concerne 99 % des diabétiques mauriciens. Le Baker IDI Heart and Diabetes Institute d’Australie a entrepris une surveillance des diabétiques mauriciens, qui lui permettra d’obtenir des données génétiques sur les complications liées à cette maladie, dont un cas sur deux n’est pas diagnostiqué. L’incidence élevée du diabète est associée à un facteur génétique chez les Indo-Mauriciens et à un développement économique rapide dans les années 80.
En comparaison l’incidence du diabète en 2010 dans d’autres pays de l’océan Indien, d’Asie et du Moyen-Orient est respectivement de 15,3 % à La Réunion, 11 % en Malaisie et 16,7 % en Arabie saoudite. Selon le IDF Diabetic Atlas de 2009, l’incidence du diabète à Madagascar est de 3 %, en Inde de 7,8 %, en Chine de 4 % et à Hong Kong de 8,5 %. Le National Service Framework for Diabetes du ministère de la Santé préconise la formation des stakeholders sur le diabète.
La prise en charge médicale des diabétiques et des complications résultant de cette maladie pèse de tout son poids sur les dépenses publiques de la Santé. Les coûts annuels des interventions cardiaques, ophtalmologiques, des dialyses et des amputations s’élèvent à des millions de roupies. Chaque année les pontages cardiaques (artery bypass) coûtent à l’État Rs 300 000 par cas, selon le National Service Framework for Diabetes (NSFD) du ministère de la Santé. 90 % des patients opérés sont des diabétiques. 300 à 400 cas traités au Cardiac Centre du Nord sont dus au diabète. 60 à 65 % des diabétiques ont à subir des dialyses à la suite d’une insuffisance rénale terminale. Coût : Rs 85 millions par an. En outre, 40 greffes de rein sont réalisées chaque année à l’unité de néphrologie (maladie des reins) de l’hôpital de Rose-Belle grâce à des proches des malades qui font don de leur rein.