Le Comité pour la promotion de l’unité nationale, placé sous l’égide du bureau du président de la République, a organisé hier à la State House un forum débat dans le cadre de la Journée mondiale des enseignants qui sera observée demain. L’objectif consistait à aider la communauté scolaire à développer les meilleures approches pour former les jeunes. Des éducateurs et responsables d’établissements secondaires y étaient présents. Une opportunité pour plusieurs personnes ressources de discuter des problèmes affectant la jeunesse.
Le forum débat du Comité pour la promotion de l’unité nationale, ayant pour thème « Role of Educators in nation building », a réuni hier plus d’une centaine de participants venant de différents établissements secondaires du pays. Cette rencontre leur a permis de réfléchir sur l’importance de leur contribution dans la formation des jeunes en vue de construire la génération de demain et d’évaluer le mode d’enseignement dans les écoles et de voir comment l’améliorer. La présidente du Comité pour la Promotion de l’Unité, Sheila Desha a fait état de plusieurs problèmes que rencontrent les jeunes. « C’est le devoir des éducateurs de leur venir en aide. »
Le président de la République, de son côté, s’est attardé sur l’importance de réserver les valeurs pour l’unité nationale. « Les jeunes sont les futurs dirigeants de ce pays. Il est important de leur inculquer les bonnes valeurs dès leur plus jeune âge », a déclaré sir Anerood Jugnauth. Il a aussi lancé un appel aux éducateurs et aux parents pour qu’ils assument leurs responsabilités en tant qu’adultes dans la formation des jeunes. « Teachers and rectors have to devise new ways to teach our children. »
Les quatre intervenants étaient François de Grivel, membre du Comité pour la promotion de l’unité nationale, Claudette Clausen, mauricienne basée à Seek Clarity en Australie, Koomaren Viken Vadeevaloo, Project Coordinator à la Commission solidarité et justice et Om Varma, sociologue et deputy director du Mauritius Institute of Education. M. de Grivel a axé sa présentation sur la violence qui affecte les jeunes à l’école et dans la société. Il est ainsi d’avis que l’augmentation de la violence domestique a une répercussion négative sur les jeunes. « Quels exemples donnons nous aux jeunes ? L’éducation commence à la maison ». Le membre du Comité pour la promotion de l’unité nationale s’est aussi attardé sur l’importance d’accorder une grande partie de la formation à l’éducation civique. « Notre rôle est d’inculquer des valeurs aux jeunes et de les accompagner par des conseils, le dialogue et l’écoute. »
Koomaren Viken Vadeevaloo, détenteur d’une licence en Science Politique à l’Université de Maurice et actuellement étudiant en droit à l’université de Londres, a pour sa part brossé un tableau de la fragmentation de la société mauricienne. Il a expliqué comment l’éducation peut aider à briser ces obstacles. « Des valeurs comme la tolérance, le mauriciannisme et le respect peuvent être enseignées à l’école. »
Claudette Clausen a, quant à elle, soutenu qu’aider les jeunes à développer leurs compétences en leadership leur permettra de devenir de bons citoyens responsables. La Managing Director de la firme Seek Clarity en Australie a attiré l’attention sur le système d’éducation à Maurice qui « est trop basé sur l’académique » ; « School is not only about getting qualified for a job. »
Mme Clausen a aussi évoqué le concept de emotional intelligence. « School can provide an ideal forum for developing such ideas. Lack of time, of understanding and absence of emotional intelligence is the problem of our system. »
Om Varma a, lui, souligné l’ampleur que prend la cyber révolution parmi les jeunes. « La société ne cesse d’évoluer et si nous voulons faire face aux problèmes, il faut voir le monde comme les jeunes. » Le sociologue a demandé aux éducateurs de ne pas hésiter à sortir de leur comfort zone pour comprendre les jeunes d’aujourd’hui. « The solutions should come from adults. »
Les présentations ont été suivies d’une session interactive où les participants ont eu l’occasion de partager leurs points de vue. Ces discussions feront l’objet d’un document comprenant une série de recommandations qui sera soumis au ministère de l’Éducation.