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La violence à l’égard des femmes ne se passe pas uniquement à la maison, mais également sur le lieu de travail. Raison pour laquelle le Bureau international du travail (BIT) oeuvre pour une convention contre la violence à l’égard des femmes au travail. À Maurice, constate la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), la violence morale, verbale et physique est une réalité, en dépit de lois qui les interdit.

Pour la Journée de la femme 2019, la CTSP a mis l’accent sur la “gender-based violence”, en lien avec l’initiative du BIT pour une convention contre la violence à l’égard des femmes. Malheureusement, constate Jane Ragoo, « la violence sur le lieu de travail existe, en dépit des dispositions » de la loi. « La violence, qu’elle soit verbale, physique ou morale, est condamnable sous l’Employment Rights Act. Le seul hic, c’est qu’il faut venir de l’avant pour dénoncer. Ce que beaucoup refusent de faire car elles ont peur de perdre leur emploi. »

Toujours est-il, ajoute Jane Ragoo, que dans certains cas, des femmes « ont eu le courage » de dénoncer. «Dans certains cas, elles ont obtenu justice; dans d’autres, elles ont été renvoyées. Mais la CTSP est toujours avec elles jusqu’au bout. » Le cas de Jayantee Meunier, Cleaner dans une école primaire, renvoyée par la PSC pour « coups et blessures » sur son ex-époux, alors même qu’elle avait un “protection order”, a aussi été évoqué. « Le Public Bodies Appeal Tribunal a renversé la décision de la PSC. Nous avons une réunion avec le ministère de l’Education la semaine prochaine et nous espérons qu’elle sera réintégrée. »

De son côté, Reeaz Chuttoo a avancé que le problème des femmes à Maurice est structurel. Il a fait ressortir que certains secteurs, comme le BPO, où travaille un grand nombre de femmes, n’ont même pas de “Remuneration Order”. «Pendant des années, les nombreuses femmes travaillant dans la zone franche avaient le salaire le plus bas du pays. » Élaborant sur les récents licenciements au Palmar Group, il a indiqué que s’il y avait une Portable Severance Allowance, « comme le réclame la CTSP depuis longtemps, il n’y aurait pas eu le problème » de compensation. « Leurs temps de service auraient été préservés. »

Il a également critiqué le principe du Youth Empowerment Programme, où sont engagées de nombreuses femmes. « On les fait travailler sous le YEP, mais quand la PSC doit recruter, on en recrute d’autres. Le YEP est une manière artificielle de réduire le taux de chômage. » Pour sa part, Jane Ragoo regrette que lorsqu’il y a des femmes occupant des postes de responsabilités, « souvent, elles oublient comment elles doivent se comporter » envers les employés. « Des fois, elles veulent faire plus que les hommes. » Elle a cité le cas d’une pharmacie à Rose-Hill, où les travailleurs sont « harcelés » par la gérante.