Dès notre naissance, le mot vieux nous accable au quotidien. Déjà dans la salle poste natale où nous nous trouvons, pour la nurse de service, nous somme plus âgés que l’autre bébé qui s’y trouve à côté, car nous avons vu le jour une heure avant ce dernier. Dès lors nous sommes tantôt trop vieux pour continuer d’être allaité, trop vieux pour aller dans le préprimaire ou encore trop vieux pour continuer dans le secondaire et le comble, trop vieux aussi pour prendre épouse.
C’est dire que le vieillissement est un processus immuable qui abouti à la mort. Cet espace que constitue notre parcours terrestre dépendant de temps de facteurs sauf accidents de parcours, n’a cessé de se prolonger à la faveur du progrès de la science médicale. Nous vivons plus longtemps que nos ancêtres de Cro-Magnon ou de l’homme de Pékin. Dans le règne animal, par exemple, la baleine boréale, le plus gros mammifère terrestre et la tortue des Galápagos peuvent vivre au-delà de 400 ans. Dans le domaine de la flore, c’est le séquoia, ce grand pin du Colorado, qui bat tous les records, car il peut largement dépasser les mille ans. Dans le monde végétal, certaines fouilles dans le Grand Nord ont démontré que certains conifères auraient pu avoir eu une existence de 4000 ans ou plus.
L’être humain vit relativement longtemps. L’homme des temps modernes dans les pays développés a une espérance de vie qui oscille entre 75 à 80 ans en moyenne. Jeanne Calmet, la doyenne de l’humanité, ne s’est éteinte qu’à l’âge vénérable de 122 ans, 5 mois et 14 jours. Selon le Guinness Book des Records, à jour d’aujourd’hui, c’est la Japonaise Misao OKawa qui tient le haut du pavé avec son homologue masculin Alexander Imish qui, lui, n’est âgé que de 111 ans.
Toujours selon les chercheurs en biologie humaine, il n’y a aucune raison pourquoi l’être humain ne pourrait vivre au-delà des 120 ans. La moyenne de vie de la Mauricienne en 2011 fut de 76.9 alors qu’à peine plus d’un demi-siècle de cela elle ne fut que de 50 ans :
Voici l’évolution de la longévité en France, par exemple, de 1789-2003 :- 1783 -28 ans, 1865 -40, 1913 – 48.5, 1977 – 78, et 2003 -84
Malgré les grandes avancées de la science qui vise à prolonger la vie de l’homme, nous n’échappons pas à la loi de la nature : naissance, croissance et décroissance et mort qui sont les quatre phases de l’existence. Dès l’âge de raison, la longévité de notre parcours terrestre nous interpelle sans cesse?; car comme dit si bien le dicton : « chaque instant dans la vie peut s’avérer un pas vers la mort ». Dès lors, nous ferons tout notre pouvoir pour préserver ce don de dieu qui est la vie.
Selon les gérontologues les plus avisés, le phénomène du vieillissement se caractérise par le ralentissement des fonctions biologiques, psychologiques et sociales. Dès l’âge de 20 ans des changements dans notre système vasculaire, cardiaque, cérébral, neurosensoriel et osseux, entre autres, s’opèrent sans nous nous en apercevons. A mesure que nous vieillissons, le flux sanguin au poumon diminue, la pression artérielle et le taux de sucre dans le sang augmentent le système osseux et musculaire s’en ressent de même que notre vision et notre capacité sensorielles?;  puis apparaissent le trouble du langage et l’écriture.
C’est la naissance de la vieillisse qui se manifeste par des petits signes de faiblesses qui vont s’aggraver au fil des années. Les oculistes diront que le cristallin de l’oeil commence à vieillir dès l’âge de 11 ans. Les premiers signes de vieillissement nous les ressentons quand nous prenons l’escalier que nous gravissons avec moins de facilité hier encore. Les sportifs, à l’exemple des footballeurs, savent que dépasser l’âge fatidique de 35 ans, ils doivent songer à jeté l’éponge en temps que professionnel. On devient presbyte à l’âge de 40 ans, le port de lunettes devient alors indispensable pour lire. Dans la biologie humaine, un couple qui a produit un être qui est en âge de se reproduire à son tour, a en quelque sorte terminé sa mission. Il en est de même dans le règne animal au terme de la période reproductive, chez la vache qui doit être conduite à l’abattoir, car le risque de fracture peut occasionner une perte pour le producteur. La perte des dents chez les herbivores et les carnassiers s’avère fatale, car les uns ne peuvent brouter l’herbe, les autres se défendre ou chasser. 
Toujours selon les gérontologues, la vieillesse est le résultat de dommages non réparés des molécules, des cellules et de tissus. Au demeurant, une cellule ne peut se reproduire indéfiniment. La déchéance des facultés de tout être est un processus infernal qui commence dès la naissance pour aboutir inexorablement à la mort, mais il s’opère par phases saisonnières.
D’abord le printemps qui commence dès l’enfance jusqu’à 20 ans, puis, l’été de 21 ans à  40 ans, l’hiver de 41ans à 60 ans. La retraite qui est la phase de la mort sociale avant la mort biologique est la vraie descente aux enfers, s’il a échappé à l’agression des maladies contagieuses d’autres maux non transmissibles vont apparaître. Le quatrième âge ou plutôt le grand âge est le privilège de 8% de la population seulement, même dans les pays les plus développés, tel le Japon.
Outre les maladies non transmissibles qui accablent l’être humain particulièrement dès la fin de son hiver il atteint le grand âge et c’est la sénescence, et apparaissent alors d’autres troubles tels l’Alzheimer, la maladie de Parkinson et le syndrome de Werner pour ne citer que ceux-là.
« Unwanted generation » est un terme employé par l’école américaine de gérontologie pour mettre en exergue les problèmes posés par les seniors citizens devenus dépendants, dont certains souvent en fin de vie.
Différentes civilisations et cultures ont à travers le temps eu des perceptions bien différentes des vieux en fin de vie. Dans les civilisations primitives, différentes formes d’euthanasie ont toujours existé. Dans les sociétés tribales et nomades de l’Afrique profonde, on accompagne le vieillard en forêt où on le livre aux bêtes fauves. Chez les Eskimos, le vieillard qui ne pourra pas passer la prochaine saison hivernale est accompagné  dans le blizzard où il mourra d’hypothermie. D’autres civilisations de l’Extrême-Orient ont développé le culte des ancêtres, le vieillard est un être vénéré jusqu’à son dernier souffle. Mais c’est dans les sociétés occidentales surtout que les vieux qui n’ont pas l’encadrement nécessaire qu’offraient les familles extensives qui constituent les unwanted generation of individuals condamnés à finir leurs jours dans les hospices ou autres « homes ». 
La science a jusqu’ici, grâce au progrès médical, pu prolonger la vieillesse, mais n’a pas pour autant su prolonger la jeunesse. Le troisième âge est statistiquement un couperet impitoyable. Dépendant de la pénibilité de son emploi, rien ne sera plus comme avant une fois franchi le palier du troisième âge. Ceux affectés aux travaux de dur labeur durant leurs vies actives sont les premières victimes. Le maintien des personnes âgées, en les assurant d’une vie descente  dans la dignité et le respect est un des grands problèmes de société à travers la planète
Le problème se corse par une augmentation alarmante du nombre de personnes âgées donc dépendantes, conséquence de la hausse dans la qualité et du niveau de vie et le progrès de la science médicale. A la faveur du prolongement de vie des personnes qui ne sont plus en âge de travailler, les caisses de retraite sont mises à rude épreuve. Le taux de cotisation pour la population active doit impérativement prendre l’ascenseur. Tout ceci pour dire que la science ne peut résoudre aucun problème sans en créer d’autres.