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Depuis 2013, l’Organisation des Nations Unies (ONU) célèbre la Journée internationale du bonheur le 20 mars, car le bonheur est une aspiration à caractère universel dans la vie des êtres humains. Cette journée nous amène à réfléchir sur la finalité de la croissance économique. « Le bien-être social, économique et environnemental est indivisible », avait indiqué Ban Ki-moon le 2 avril 2012. Cette poursuite du bonheur n’est pas la seule responsabilité des États, mais elle commence au niveau de l’individu et de ses relations avec les autres.

Mais qu’en est-il du  bonheur à l’Île Maurice ?

Depuis 2012, l’ONU, en collaboration avec le réseau des solutions pour le développement durable (SDSN), publie chaque année un rapport sur la mesure du bonheur par pays. En 2019, Maurice se situait à la 57e place sur 156 pays, soit deux places de moins par rapport à 2018. Aurait-on atteint un palier dans la poursuite du bonheur à l’île Maurice ? Une réponse peut-être dans la prochaine édition du rapport sur le bonheur au niveau mondial prévu ce 20 mars 2020.

Comment se compare  Maurice au reste du monde ?

La bonne nouvelle, c’est que Maurice était, en matière de bonheur, le premier pays en Afrique subsaharienne en 2019. Mais peut-on faire mieux avec moins ? Il semblerait que cela soit possible. Le Costa Rica, avec un PIB par habitant inférieur à celui de Maurice, se situe à la 45e place du classement. Les Costa Ricains sont donc plus heureux en moyenne que les Mauriciens avec un niveau de vie inférieur.

Qu’est-ce qui  nous rend heureux ?

Il est vrai que les pays les plus riches ont tendance à être plus heureux que ceux qui le sont moins. Mais la richesse économique n’explique pas tout. Par exemple, la Finlande a remporté la palme du pays le plus heureux en 2018 et 2019, avec un PIB par habitant inférieur comparé aux États-Unis, qui figuraient à la 18e place en 2018 et à la 19e place en 2019.

Les auteurs du rapport ont montré que le PIB par habitant contribue au bonheur, mais bien moins que d’autres facteurs comme l’espérance de vie en bonne santé à la naissance, le soutien des proches et des amis (soutien social), la liberté de choisir sa vie, la générosité, et la perception de la corruption. Ces cinq facteurs expliquent à eux seuls pour 75% des variations dans la mesure du bonheur des pays. De même, ils ont montré l’importance des émotions positives et du soutien social dans le niveau de bonheur.

Le bonheur est  essentiellement subjectif

La mesure du bonheur, proposée par l’ONU, se calcule sur une moyenne nationale de la satisfaction de la vie des personnes interrogées. Cette mesure subjective du bonheur s’appuie sur le fait que celui-ci demeure un état d’esprit et des émotions et que la personne la mieux placée pour juger de la qualité d’une vie est l’intéressé lui-même. Cela rejoint les préconisations du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi [2009], qu’une place soit faite aux indicateurs subjectifs dans les mesures de progrès social.

Le bonheur s’arrête-t-il à la porte des entreprises ?

Si on considère que l’on passe en moyenne un tiers de notre temps au sein de l’entreprise peut-on vraiment faire l’impasse sur notre bonheur au travail ? Mais est-ce possible dans un monde toujours plus compétitif où la pression sur les dirigeants et les collaborateurs est à son maximum ? La science du bonheur nous montre que c’est possible. Et ce serait dans l’intérêt de tout le monde parce que plus un individu est heureux, plus il est productif, vit longtemps, gagne davantage et se comporte plus civilement en société. Bonheur et bien-être devraient donc être érigés en tant qu’objectifs des politiques publiques et des entreprises, non seulement pour leur finalité en tant que telle, mais aussi pour leurs nombreux effets secondaires positifs.

Pourquoi ne pas  demander aux employés ?

De même que le bonheur se mesure au niveau des pays, il peut se mesurer au niveau des entreprises. Il est clair que les enquêtes annuelles d’évaluation ne suffisent pas. L’enjeu est finalement de mesurer ce qui nous motive tous en tant qu’être humain. Et c’est certainement d’être plus heureux dans la vie et dans son travail et cela peut finalement répondre le mieux à la question du bonheur au travail, sinon les employés de l’entreprise.

L’approche est donc de poser la question directement aux employés, et ce de façon fréquente, par exemple, une fois par semaine. Cela permet aux cadres de suivre l’indice du bonheur de leurs équipes au regard d’autres paramètres de gestion et d’établir avec leurs équipes les actions pour améliorer le bonheur au travail.

Conclusion

D’après le prix Nobel de l’économie Joseph Stiglitz, le PIB seul ne permet pas de mesurer tous les paramètres qui sont importants pour le développement économique et social. Comme indiqué par Angel Gurria, Secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « c’est seulement en ayant de meilleures métriques, qui reflètent la vie des gens et leurs aspirations, que l’on pourra concevoir et implémenter de meilleures politiques pour de meilleures vies ». De la même façon, le bonheur au travail est un chemin prometteur pour l’amélioration de la performance des entreprises et le bien-être des employés.

Source : le Cabinet Capfor, partenaire agréé du réseau Woohoo Inc, qui accompagne les entreprises pour améliorer le bonheur au travail