Depuis le mois de mai, l’Université de Maurice est dotée de la SSR Chair for African Studies dont le but est de pourvoir une plateforme de réflexions sur les défis qui guettent l’Afrique et de travailler vers la mise en oeuvre de l’agenda 2063 de l’Union africaine. À l’occasion de son lancement qui marquait la Journée internationale de l’Afrique, Sheila Bunwaree, professeure d’université qui tient la chaire, a donné une première conférence intitulée « Africa : from a hopeless to a hopeful continent ».
Pour Sheila Bunwaree, l’institution de cette chaire arrive à point nommé puisqu’elle coïncide avec le décret par les Nations unies de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, de la vision de l’Union africaine et l’agenda 2063 “The future we want for Africa” et de l’euphorie autour du développement du continent africain. Ainsi, estime-t-elle, la chaire pourra contribuer à renforcer les capacités du peuple africain dans le but d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063, de ramener le continent à son peuple, dont les Mauriciens, de créer une conscience africaine, de créer une Afrique inclusive pour que de jeunes Mauriciens puissent côtoyer ceux du continent et de travailler en collaboration avec les autres dans le respect de nos identités et de nos croyances multiples pour une Afrique plus juste.
Sheila Bunwaree avance que cette plateforme identifiera et initiera des recherches pertinentes et, en tant que responsable de la SSR Chair for African studies, elle prend l’engagement de « faire du rêve africain une réalité ».
Des études africaines, indique Sheila Bunwaree, concernent l’histoire, l’économie, la sociologie, l’anthropologie et la philosophie. Selon elle, l’Afrique a pendant trop longtemps été étudiée d’un point de vue étranger avec des paradigmes, des méthodologies pas nécessairement conformes à la réalité africaine. « Epistemologies and theories from the North often ignored and suppressed our indigenous knowledge systems, leaving the continent to struggle with inappropriate policies, which often jeopardised development and livelihoods of people », fait-elle ressortir.
Tout aussi diverse que contradictoire en étant aux marges du commerce mondial et de l’investissement, Sheila Bunwaree soutient que « Africa’s people and resources have been essential to development elsewhere ». L’Afrique, souligne-t-elle, a des talents extraordinaires en art, danse et musique mais est insuffisamment reconnue par le monde. Elle est d’avis que tout en étant riche en ressource, l’Afrique est enracinée dans la pauvreté. « Le continent fait face à toutes sortes de problèmes, dont ceux liés à la santé, aux effets du changement climatique et au terrorisme », a-t-elle ajouté en citant l’exemple de l’enlèvement des filles de Chibok par Boko Haram.
Sheila Bunwaree indique que lorsqu’elle a approché le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine et créole dans le cadre de la célébration de la Journée de l’Afrique, elle a tenu à proposer « un sujet qui donnerait l’occasion aux îliens africains comme nous d’approfondir notre compréhension et notre appréciation du continent et, ce faisant, poursuivre nos réflexions sur notre identité africaine et revoir notre rôle pour faire avancer la cause africaine vers ses objectifs tout en préservant nos gains ». D’où le choix d’Africa : From a Hopeless to a Hopeful continent, qu’elle a proposé le vendredi 27 mai, à l’UoM pour la cérémonie officielle de la célébration de la journée de l’Afrique par le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine et créole et l’UoM.