Un débat sur le salaire minimal. C’est ce que prévoit la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) le jeudi 10 mars à Rose-Hill, dans le cadre de la Journée mondial de la Femme, observée le 8 mars. Reeaz Chuttoo, le secrétaire général de la confédération, a tiré la sonnette d’alarme ce matin en rappelant une étude de 2013 au niveau national, qui révélait que « 100 000 personnes dont 90 % de femmes perçoivent moins de Rs 5 000 par mois et certaines moins encore ».
Ces salaires dérisoires ont été répertoriés, selon Reeaz Chuttoo, dans les secteurs où les femmes sont majoritairement employées, notamment, la zone franche, le “seafood hub”, le secteur des services et le service de la maison. Pour le syndicaliste, « il y a une discrimination structurelle envers la femme ». Le secrétaire général relève qu’il existe encore « 700 femmes qui travaillent dans des établissements scolaires d’État et qui touchent seulement Rs 1 500 par mois ». Et, pourtant, « jamais, les ministres ni les autres organisations n’en font cas ». D’où la démarche adoptée cette année par la CTSP pour un débat où seront en même temps invitées « ces dames qui souffrent. Elles auront une plateforme pour faire entendre leur voix afin que la population et les politiciens sachent à quel point elles souffrent et que les lois qu’ils ont introduites ne servent pas à grand-chose ».
Avant les dernières élections générales, les politiciens ont mené campagne sur le salaire minimal. « C’était une de leurs priorités. Aujourd’hui, nous sommes en mars et rien n’a été fait. Nous avons d’ailleurs rencontré le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, le 25 février et nous lui avons relaté l’aberration de ne pas avoir encore eu un National Wage Consultative Council pour dire qu’il faut un salaire minimal », déclare Reeaz Chuttoo. Et d’ajouter que « les femmes travaillant comme domestiques sont vulnérables. Leur droit à un salaire décent n’est souvent pas respecté. Lorsqu’elles vont au Bureau du travail, si jamais elles osent le faire, les patrons en sortent toujours gagnants ».
Reeaz Chuttoo estime qu’il y a par ailleurs une lacune au niveau syndical. « Depuis plus de trente ans, plusieurs syndicats ont adopté le slogan “Zone franche, zone de souffrance”. Mais, des 32 fédérations, une seule a été déposé contre cela ».
Jane Ragoo, la présidente de la CTSP, a indiqué que le 10 mars, plusieurs personnes viendront témoigner dont des handicapés. Le stress au travail sera un autre thème qui sera abordé ce jour-là.