Dans un message qu’il adresse en cette Journée internationale de la Paix, Mgr Ian Ernest livre ses réflexions sur les conflits qui perdurent au plan mondial et s’intéresse aussi à l’actualité locale. « Ce qui attriste est le comportement irresponsable de certains de nos responsables politiques, qui ont des difficultés à s’affirmer dans le service à la nation. Ils ont alors recours à la violence des mots contre ceux et celles qui ont l’audace de leur rappeler qu’ils devraient être des modèles incarnant le respect », écrit l’évêque de Maurice.
Dans le volet de son message concernant le pays, Mgr Ian Ernest souligne d’abord la violence physique et verbale grandissante au sein des familles et d’autres groupes. Ce qui affecte par extension la population mauricienne. « La société mauricienne fait face, en ce moment même, à des situations qui mettent en relief le fait que la violence physique et verbale est bien présente tant sur le plan social et familial », constate-t-il amèrement. « Il est regrettable que les meurtres sont devenus choses courantes dans notre pays, qui se vante de posséder des valeurs privilégiant la vie et le respect ».
Selon les observations de l’évêque de Maurice, les politiciens ont une part de responsabilité dans cette détérioration de l’ambiance au plan social, de par leur propos et comportement qu’il qualifie d’« irresponsable ». Mgr Ernest relève que certains responsables politiques « n’arrivent pas à s’affirmer dans le service à la nation ». Ils tiennent alors des discours violents, particulièrement à l’égard des personnes qui osent faire valoir leurs opinions sur tel ou tel projet. « Ce comportement doit être dénoncé car il serait porteur de conflits inutiles et d’abus de toutes sortes », estime Mgr Ernest. Au cas contraire, « la paix et l’harmonie sociale, des atouts indispensables de la société mauricienne dans sa marche vers le progrès et le développement de la personne, seront alors menacés ».
Mgr Ernest est d’avis qu’un cadre légal devrait être mis en place pour sanctionner « ceux qui dérapent et par leurs paroles et par des actions dégradantes et déshumanisantes ». Car leurs actions auront « certainement un impact sur le comportement de toute une nation ».
Tout aussi important dans cette démarche pour le maintien de la paix dans le pays est le respect du principe de dialogue décideurs-citoyens. « Les consultations, une écoute mutuelle et une explication claire sur les projets de développement de la société mauricienne vont certainement apaiser les tensions et soutenir ce respect de l’autre, qui est si nécessaire pour qu’il y ait une justice qui soit source de paix ». Il est primordial, selon Mgr Ernest, que les citoyens mauriciens aient le « courage et la volonté de contrecarrer une certaine mentalité qui apprivoise, pour un intérêt personnel, des méthodes favorisant les conflits, le non-respect de l’autre et l’exclusion du plus faible ».
En cette Journée de la Paix, le chef de l’Église anglicane invite tous les Mauriciens indistinctement à réfléchir sur l’importance de la paix d’une manière générale. Il prône le développement d’une culture de paix dans les différentes sphères de la vie quotidienne, notamment au sein de la famille, sur le lieu de travail et dans les activités sociales. Il est du devoir de chaque Mauricien, selon lui, d’encourager la communauté mauricienne à s’engager inlassablement à oeuvrer pour la paix.
« Il serait nécessaire de voir avec objectivité et lucidité ces choses qui entravent la bonne marche de toute société, car sinon, nous courons le risque de faire face à des problèmes immenses dans le futur », prévient Mgr Ernest. « Nous sommes tous d’accord que l’utilisation de la violence, verbale ou de toute autre forme, de même que le trafic de drogue, le manque d’intégrité, l’abus de pouvoir et la corruption sont des éléments profondément contraires à l’éthique ».
Le chef de l’Église anglicane souhaite ardemment que les enfants « dès leurs jeunes âges » soient exposés à cette oeuvre de paix et suggère que le programme d’études scolaires tende dans cette direction.