Dans le cadre de la Journée internationale de la femme, le “Collectif de femmes pour le changement” a organisé une rencontre au siège du Centre Che Guevara, à Rose-Hill. Au programme : l’intervention de membres du collectif ainsi que d’une représentante de la Family Protection Unit, de l’avocat Dev Ramano et du travailleur social Jack Bizlall.
Le “Collectif de femmes pour le changement” a organisé samedi, dans le cadre de la Journée internationale de la femme, une rencontre au siège du Centre Che Guevara, à Rose-Hill. L’occasion pour l’assistance d’écouter les interventions des membres du collectif ainsi que de plusieurs représentants, venus de différents milieux. Lors de cette rencontre, qui visait à promouvoir la femme et à discuter de son rôle dans la société, les intervenants ont donné leur vision d’une « meilleure société » tout en discutant des mesures permettant de prévenir les agressions contre les femmes.  
A cette occasion, Christiane, membre du collectif, a livré un témoignage poignant sur les difficultés rencontrées par les femmes à pouvoir s’intégrer dans la société. Sans domicile fixe, l’oratrice a encouragé les femmes à « ne jamais baisser les bras dans les moments difficiles », sous peine, dit-elle, « de se faire piétiner ». Elle déplore « l’absence de juges » pour « écouter les doléances de femmes qui souffrent » tout en fustigeant le ministère de l’Intégration sociale, qu’elle « n’arrive jamais à joindre ». Et de conclure : « Le minister lafam ossi bizin plis a lekout avan celeb la zourne lafam. Mo pa trouv fam ki ena so dignite. Zot mem dimoun mal juge zot, maltraite zot », dit-elle.
Margareth, un autre membre du collectif, fait, elle, ressortir que, malgré cette journée décrétée à Maurice depuis 1997, la violence domestique continue. « Bann fam victime violens, zot pena sime sorti. Avan trouv la mort bizin separe. Kan zot alle ki zot pou capav trouv ene solisyon. Si croiz lebra narien pou capav fer », lance-t-elle.
Stéphanie Narainen, une représentante de la Family Protection Unit, est ensuite intervenue pour informer les femmes sur les différents cas de violences et sur les lois et les mesures établies afin de les protéger de ce fléau. Selon les statistiques, près de 90% des violences domestiques concernent en effet les femmes. Évoquant les différents types de violences, elle a pris le cas des femmes obligées de léguer la moitié de leur salaire à leur conjoint, mais aussi sur les violences commises devant les enfants, ce qui pousserait ces derniers, continue-t-elle, à devenir plus agressifs à l’école. Rien que la semaine dernière, poursuit-elle, quatre femmes – dont une enceinte de 5 mois – ont ainsi dû trouver refuge au SOS Shelter de Belle-Étoile pour cause de violences dont elles disent avoir été victimes. Et de rappeler l’armement légal destiné à les protéger dans de pareils cas, à l’instar du “Protection Order”, où celui reconnu coupable, rappelle-t-elle, risque jusque deux ans d’emprisonnement et une amende de Rs 25 000.
Prenant ensuite la parole, le travailleur social Jack Bizlall a, quant à lui, déploré que ceux qui poussent les femmes au suicide ne soient pas condamnés. Car derrière de tels actes de désespoir, estime-il, se cache un criminel.