La Journée mondiale des Sourds, placée sous l’égide de la Fédération mondiale des sourds, se déroule chaque année le dernier samedi du mois de septembre. Cette année, le thème choisi est la culture, ce jour étant une des journées culturelles les plus importantes pour la communauté des sourds puisqu’elle lui permet de se retrouver, de faire connaître ses actions, sa culture, sa langue des signes et ses richesses. La Society for the Welfare of the Deaf (SWD), à Maurice, souligne l’importance d’une éducation spécialisée pour le développement de l’enfant.
Selon la SWD, une éducation spécialisée est primordiale pour l’enfant ayant une déficience auditive car celui-ci souffre de deux problèmes majeurs : il ne peut entendre et ne peut communiquer. Il a donc besoin de suivre tout un programme de soutien afin de pouvoir faire son apprentissage. Ce service est pourvu par l’association, qui compte des classes préprimaires, primaires et pré-vocationnels à Beau-Bassin, Goodlands et Riambel.
Un service de diagnostic est offert à la SWD, comprenant un test permettant de mesurer le degré de déficience auditive, un free field testing pour évaluer les gains après le port d’une prothèse auditive et un hearing aid fitting and tuning. Des orthophonistes assurent un service aux élèves de l’école de la SWD. Ces spécialistes travaillent avec chacun d’entre eux sur une base individuelle, mais aussi en groupe. L’accent est mis sur des activités interactives à travers des dessins et autres outils permettant de stimuler le développement locutoire de l’enfant.
Mais comment reconnaître un enfant ayant une déficience auditive ? Selon la SWD, l’enfant ne réagit pas aux bruits et présente un retard au niveau de la locution vers 2 ans. La SWD offre par ailleurs un service de conseils aux parents afin de les aider à gérer le handicap de leur enfant et de participer dans le processus de réhabilitation. Pour une communication optimale avec un enfant souffrant de déficience auditive, il est conseillé de faire face à l’enfant lors de la communication, de parler lentement et d’utiliser la langue des signes.
La SWD enseigne la langue des signes mauricienne aux élèves. Chaque pays a sa langue des signes basée sur sa culture et ses traditions. Pour rappel, à Maurice, le projet de développement de la langue des signes a pris naissance en 2002 à travers le National Council for the Rehabilitation of the Disabled Persons (NCRD) et le ministère de la Sécurité sociale. Alain Gébert, qui enseignait alors aux sourds à l’Institut national des jeunes sourds de Paris et le Dr Dany Adone, professeur de linguistique à l’Université de Dusseldorf, en Allemagne, ont été les principaux investigateurs de ce projet. Un comité a alors été mis sur pied par le ministère pour suivre l’évolution du projet et il a été présidé par le Pr Vinesh Hookoomsing, de l’Université de Maurice. Le premier volume du dictionnaire de la langue des signes mauricienne a été lancé en août 2005 alors que le 12 mars de la même année, l’hymne national était officiellement lancé.