La célébration officielle de la Journée internationale contre la violence à l’égard des femmes s’est tenue hier au Centre de Conférence international de Grand-Baie avec comme événement phare, le lancement d’une importante campagne médiatique nationale par la ministre de l’Égalité des genres Mireille Martin.
« La violence contre les femmes est un combat que nous devons mener en permanence. Elle doit tout le temps être présente dans nos esprits car toute forme de violence à l’égard des femmes est inacceptable, inhumaine et intolérable », a affirmé avec insistance Mireille Martin. Dans le cadre de la Journée internationale contre la violence à l’égard des femmes, célébrée le 25 novembre, le ministère de l’Égalité des genres a lancé hier une campagne médiatique d’envergure. Un vidéo-clip a été projeté durant la cérémonie dans le but de sensibiliser le public en général sur la manière dont la violence sexiste, en particulier la violence domestique, affecte non seulement les couples, mais a également un effet dévastateur sur les enfants. Le clip sera diffusé sur la MBC/TV et la bande sonore sur les radios au cours de la première quinzaine de décembre. Le clip sera également utilisé pour soutenir des campagnes de sensibilisation en 2013 dans le but d’amener un changement des mentalités et promouvoir la paix et l’harmonie dans les familles.
Le thème de cette journée de commémoration est « Paix à la maison ; Lape dan Lakaz ». Des bracelets reprenant le slogan ont été distribués aux invitées à la cérémonie. « Lape dan Lakaz, se enn zafer tre for. Kan ena lape dan enn lakaz, samem baz ki pli inportan. Lape dan enn lakaz fer ki striktir familial vinn pli solid, sak mam lafami epanwi ek lasosiete rest stab », souligne Mireille Martin. Dénonçant toutes les formes de violence, la ministre a rappelé une triste réalité : la plupart des femmes victimes de violence au sein de leurs foyers attendent longtemps avant de dénoncer toute forme de maltraitance. « Entretemps, ces femmes perdent confiance en elles, deviennent fragiles, sont profondément blessées dans leur coeur mais aussi physiquement. Certaines se retrouvent à l’hôpital, deviennent dépressives, vivent dans une peur permanente », dit-elle. Un cercle vicieux, poursuit la ministre, se produit lorsque les enfants adoptent ce comportement à leur tour lorsqu’ils fondent une famille. La maison/le foyer, insiste la ministre, est le premier endroit où une femme devrait se sentir en sécurité. Cela représente non seulement l’endroit où elle élève ses enfants mais également le lieu où se développe la complicité avec son mari. « Quand dans cette même maison, des femmes doivent subir tous les jours toutes sortes de mauvais traitements, insultes, injures, viol, violence physique, c’est tout son monde qui est anéanti ».
La cérémonie d’hier était marquée par la projection de témoignages de victimes de violence mais aussi de personnes ayant commis des formes de violence à l’égard des femmes. Elles ont choisi de témoigner pour tenter de convaincre le public que les victimes de ces formes de violence ne devraient pas souffrir en silence et que les auteurs peuvent également être réhabilités afin de réduire l’incidence de la violence. Ces actes de violence, ajoutent-elles, peuvent également avoir des répercussions sur les enfants, d’ordre psychologique par exemple, résultant en certains traumatismes.
Mireille Martin a, dans son discours, fait mention de la campagne Zero Tolerans lancée en 2011. Une campagne qui, dit-elle, apporte ses fruits puisque les chiffres de violence domestique enregistrés dans les six Family Support Bureaux sont en baisse comparativement à 2010. En 2011, 1 752 cas ont été enregistrés contre 2 215 l’année précédente. « Cela nous motive à continuer à nous battre contre la violence. Le ministère a renforcé cette année ses actions en vue d’amener un changement durable et notable dans nos efforts pour éliminer la violence à l’égard du genre ».
Le ministère de l’Égalité des genres organise demain un programme de renforcement des capacités à l’intention des Supervisors et Family Support Officers du National Women’s Council afin de renforcer les capacités des différents stakeholders à mettre fin à la violence sexiste. À la fin du programme, les participants auront à soumettre un calendrier d’activités pour une campagne de sensibilisation sur la violence sexiste à mettre en oeuvre de février à juillet 2013.