JULIA VITRY

Depuis l’entrée en vigueur de l’Environment Protection (Banning of Plastic Bags) Regulations 2015, les sacs en plastique non-biodégradables ont fait place sur le marché mauricien aux sacs en plastique dit « dégradables ».

Mais, le sont-ils vraiment ?
Il faudrait d’abord faire la distinction entre un sac “photodégradable” et un sac “biodégradable”. Dans le premier nommé, les rayons du soleil aident à la fragmentation du sac et le réduisent sous forme de minuscules « paillettes ». La pollution visuelle étant ainsi éliminée, ces micro-paillettes ne le sont pas pour autant et restent dans l’écosystème affectant la chaîne alimentaire pour finalement nuire à notre santé.

Les sacs biodégradables, souvent qualifiés de compostables, sont, par définition, décomposés par des micro-organismes pour devenir de la biomasse (du compost). Or, suite à des expériences de chercheurs de l’université de Plymouth (Royaume-Uni), publiées en avril 2019 dans “Environmental Science & Technology”, force a été de constater que, des cinq modèles de sacs en plastique estampillés biodégradables placés sous terre, dans de l’eau de mer, ou à l’air libre, aucun ne s’est désagrégé.

La meilleure solution serait alors de tout simplement cesser l’utilisation de sac en plastique et préférer les sacs en tissu ou en fibres naturelles telles que le vacoa. Ces sacs sont beaucoup plus résistants, durent plus longtemps et polluent moins. Et si jamais le doute subsiste sur la possibilité d’une telle mesure, nous n’avons qu’à faire un saut chez nos amis rodriguais, qui nous donnent l’exemple depuis voilà cinq ans.

En attendant donc que la loi interdise enfin les sacs en plastique sur le sol mauricien, nous pouvons toujours garder un sac en tissu dans la voiture ou le sac à main et refuser d’acheter les sacs en plastique à usage unique.