Dans le cadre de la journée mondiale de la prévention contre le suicide qui aura lieu le 10 septembre prochain, le ministère de la Sécurité sociale a organisé samedi dernier une journée de prévention contre le suicide au Trianon Shopping Park. Cet événement proposait des dépistages de stress et de la prévention de la dépression qui mène souvent vers le suicide. Psychologues, associations et autres se sont déplacés pour aider le plus de personnes possible.
Quatre-vingts suicides en 2010, 89 l’année suivante, et 17 à fin février de cette année. Les chiffres des décès par suicide enregistrés sont alarmants. Les cas recensés cette année indiquent un rajeunissement des personnes qui se suicident, s’alarment ceux travaillant dans le secteur de la prévention. Dans le cadre de la journée de prévention contre le suicide au Trianon shopping Park, samedi, des dépistages de stress ont été proposés. Cet événement servait d’information et de prévention à la population mauricienne, des psychologues du ministère étaient donc présents pour les personnes dans le besoin. « La journée nous a plus appris sur l’état d’esprit des jeunes. Pour beaucoup d’entre eux le stress persiste et devient un grand danger. Les parents ne réalisent pas vraiment ce que le stress peut engendrer », a expliqué un psychologue. La journée a compté beaucoup de jeunes venus se renseigner. « On a aussi remarqué que les jeunes venaient accompagnés tandis que les adultes venaient seuls », a poursuivi la psychologue. L’événement a aussi proposé plusieurs stands dont des associations luttant contre le suicide, ainsi que des stands pour se détendre tel le yoga. Les plus petits pouvaient aussi venir dessiner afin d’éliminer leur stress quotidien. Des stands proposaient plusieurs informations sur les méfaits du stress et les solutions pour y remédier. De plus des informations pour lutter contre le suicide étaient aussi proposées. « Je connais beaucoup de jeunes qui finissent dans la dépression à cause du stress. J’ai une amie qui a mis fin à ses jours il y a deux ans c’est cela qui m’a motivé à venir ici aujourd’hui. En tant que jeunes nous connaissons tous au moins une personne suicidaire ou dépressive. Je peux même dire qu’un jeune qui n’a jamais connu de dépression c’est très rare. Je pense qu’il faut en parler mais je ne suis pas sûr que cela convaincra un jeune de sauter le pas. Il faudrait continuer à les suivre jusqu’à ce qu’ils s’en sortent », a expliqué un jeune homme. Les personnes présentes pouvaient donc faire un dépistage de stress. Ce dépistage consistait en un questionnaire avec une dizaine de questions en kreol, et après l’avoir complété il fallait compter ses points, qui indiquaient l’état de stress. Des psychologues étaient présents pour écouter les personnes ayant un nombre élevé de points.
« Quand un jeune en arrive au suicide, c’est qu’il n’arrive plus à gérer », observe une membre de Befrienders, une ONG engagée dans la prévention de ce fléau. « En se suicidant, il ne veut pas se tuer, il veut tuer son problème ». Elle craint les dangers d’une trop grande médiatisation de ces cas. « Quand la presse en parle trop avec forces détails, les jeunes ont tendance à s’identifier à ces cas. Cela leur donne des idées sur la façon de procéder, surtout que les jeunes ont souvent les mêmes types de problèmes ». D’autres activités auront lieu à travers l’île.