Les déboires de Bernard Maigrot, principal suspect dans l’affaire du meurtre de Vanessa Lagesse, n’en finissent pas. Alors qu’il était en liberté sous caution, il a été de nouveau arrêté par la police mercredi. Cette fois, pour avoir enfreint ses « conditions of bail ». Il a été remis en liberté conditionnelle après avoir comparu devant la magistrate Sheila Bonomally en cour de Mapou et fourni une nouvelle caution de Rs 5 000. Ci-dessous les détails de cette nouvelle arrestation.
Arrêté dix ans après le meurtre de Vanessa Lagesse et inculpé de nouveau comme principal suspect le 23 mai dernier, Bernard Maigrot avait été libéré le 3 juin. Pour cela, il avait dû fournir trois cautions totalisant Rs 800 000 et un engagement de Rs 25 millions. La magistrate Bonomally lui avait alors imposé de se présenter à un poste de police à raison de deux fois par jour (8h et 20h) et de disposer d’un téléphone cellulaire sur lequel il peut être joint à n’importe quel moment par les enquêteurs.
Or, mardi, et ce contrairement aux dispositions prises avec la cour, Bernard Maigrot ne s’est pas présenté au poste de police de Grand-Gaube à 8h précises. Il a été contacté au téléphone à 8h03 et à 8h24 par la police mais était injoignable. Selon nos renseignements, il a appelé la police à 8h26 pour dire qu’il était en route. Lorsque la police est arrivée chez lui à Cap Malheureux, il y était toujours. Ce n’est qu’à 8h45 qu’il s’est pointé au poste de police.
Dans sa version des faits, Bernard Maigrot a fait ressortir qu’il souffrait de maux d’estomac la veille et qu’il avait pris des médicaments afin de se soulager. Ce serait la prise de médicaments qui l’aurait empêché d’être à l’heure à son rendez-vous biquotidien au poste de police de Grand-Gaube.
Les Casernes centrales ont été rapidement informées des événements relatifs au suspect qui, selon nos renseignements, a eu des mots durs envers la police lorsqu’il a été escorté au poste de police. Bernard Maigrot a ensuite été released on parole mardi sur ordre de l’assistant-commissaire de police Pregassen Vuddamalay, avec pour consigne stricte d’être présent en cour de Mapou le lendemain. La journée de mardi a été particulièrement mouvementée, avec des échanges entre les enquêteurs et le principal homme de loi de Bernard Maigrot, à savoir Me Ivan Collendavelloo. C’est du reste sous forte escorte policière que Bernard Maigrot a comparu en cour de Mapou le lendemain, mercredi, devant la magistrate Sheila Bonomally.
On se souviendra aussi que l’arrestation de Bernard Maigrot en mai dernier faisait suite à des « développements » dans l’enquête policière. Cependant, ces « développements », à savoir de nouveaux rapports ADN, n’ont pas été communiqués par la police à la partie assurant la défense du suspect. Justifiant sa décision de remettre le suspect sous caution en juin dernier, la magistrate Sheila Bonomally avait alors souligné que « both the Court and the applicant have not been apprised of any single fact whatsoever as regard the scientific evidence ». Elle avait ajouté que cet élément constituait « the very basis of the enquiry being reopened after 10 years in relation to the same provisional charge in relation to the victim so that the suspect is being not through all this ordeal again by having again as starting point his being remanded to police cell pending the determination of his present bail application upon objection raised by the police ».
Avec cette entorse à ses bail conditions, Bernard Maigrot demeure plus que jamais l’objet de l’attention policière…