C’est la guerre ouverte entre le président du Bar Council, Me Antoine Domingue, Senior Counsel, et l’Attorney General Me Ravi Yerrigadoo. Dans une correspondance adressée au secrétaire du Bar Council, Me Yahia Nazroo, il réclame la convocation d’une réunion spéciale de cette instance en vue de présenter une motion de blâme contre l’Attorney General et pour réclamer son expulsion. Me Domingue cite six raisons pour justifier sa démarche des plus inhabituelles. D’autre part, il a écrit officiellement afin de loger une plainte formelle pour diffamation criminelle et breach du Code of Ethics contre un confrère du barreau, Me Abimanu Mathoorasing.
Dans sa lettre officielle, Me Domingue attire l’attention du secrétaire du Bar Council sur le fait qu’il dispose d’un délai de 15 jours pour convoquer les instances appropriées en vue de débattre et d’approuver la motion inscrite au nom du président du Bar Council. « The Mauritius Bar Association has no confidence in the present Attorney General and resolves that he should be expelled as a member of the Mauritius Bar Association for having brought the profession into disrepute by failing to uphold the independence, honour and dignity of the Bar », soutient-il.
Me Domingue cite six cas pour étayer ses dires et soutenir sa motion de blâme contre Ravi Yerrigadoo, soit :
Son engagement personnel aux côtés de Rakesh Gooljaury, « a self-confessed liar », deux autres ministres et deux ressortissants étrangers dans l’affaire de la Mauritius Duty Free Paradise dans la nuit du 16 au 17 février dernier dans un appartement à Quatre-Bornes. Il cite de larges extraits de l’affidavit rédigé par Me Gilbert Noël en date du 26 février dernier, où les deux ressortissants étrangers avaient fait l’objet d’une interdiction de quitter le pays vu que « there has been no deal at that meeting » au sujet des conditions de renouvellement du contrat de gestion et d’approvisionnement des boutiques hors taxes de l’aéroport;
L’affaire de l’interpellation de l’avoué Pazany Thandrayen à l’aéroport, en ajoutant que « the Attorney General has brought in the profession into disrepute, to wit, after having deorecated the unlawful acts and doings of Customs ans the Police (ADSU and CCID) at a meeting of the Bar Council, he has thereafter acted as a Courteline Lawyer » en alléguant que l’avoué avait consenti au traitement anticonstitutionnel qu’il avait subi entre les mains des autorités;
L’affaire de Mer Rubna Begum Daureeawoo, qui avait attiré son attention sur des cas de « harcèlement » de la police dans un cas réclamant l’éviction de Sailesh Gooljaury, le frère de Rakesh Gooljaury, même si la demande de « stay of execution of that eviction order had been turned down by the Chief Justice »;
La complaisance dont l’Attorney General a fait preuve face aux pressions exercées par la police contre Me Brian Glover dans une affaire d’agression remontant au 1er mai 2011 avec « the police abusively and impoperly seeking tio reopen on 29 April 2015 after it had been filed by a senior police officer » suite aux rétractations du plaignant un mois après; Le cas de Me Yatin Varma suite à sa plainte concernant des menaces dont il a fait l’objet dans l’exercice de sa profession, au Council, à l’effet qu’un Monitoring Committee des activités de la police en vue de prévenir tout abus et avec la dernière décision de l’Attorney General en date du 10 mai demandant, par le truchement d’un Assistant Legal Secretary, que le présent président du Bar Council soit appelé à fournir des explications suite à une lettre écrite par Me Abimanu Mathoorasing dans une affaire qui remonte à 2013 et qui avait déjà fait l’objet de décision de la part du Chairman of the Complaints and Ethics Committee le 30 juillet 2013 à l’effet que « no action should be taken. The complaint is frivolous ».
Dans ce dernier cas, Me Domingue a transmis ce matin la chronologie de cette affaire tout en soutenant : « In the light of the foregoing I am herebyfiling a formal complaint against Abimanu Mathoorasing with the AG for (1) criminal defamation (2) insult (3) harassment (4) false and malicious denunciations in writing and (5) for continuing breaches of the Code of Ethics; and this for such action as the AG may deem fit, including a referral to the DPP and the Police. » Une copie de cette correspondance a été adressée au chef juge Keshoe Prasad Matadeen.