Maurice a inauguré lundi une Cour spéciale à Moka, où les personnes suspectées de piratage aux larges des côtes somaliennes seront emmenées et jugées. Cette Cour entendra aussi les cas locaux tombant sous la juridiction de Moka.
À cette occasion, le chef juge Keshoe Parsad Matadeen, qui a procédé à l’inauguration du nouveau bâtiment, a rappelé que la piraterie a émergé depuis quelques années avant de qualifier celle-ci de problème majeur dans l’océan Indien. « Le gouvernement mauricien a accepté de juger les pirates à Maurice. Jusqu’ici, un cas dans lequel 12 Somaliens étaient engagés a été jugé », a-t-il indiqué. Selon lui, malgré le fait que la menace de la piraterie est réelle dans l’océan Indien, « les contre-mesures très efficaces mises en place par la communauté internationale ont permis de réduire considérablement son incidence ».
Parlant d’une Cour de district, le chef juge a dit que celle-ci a un rôle important à jouer dans la vie des Mauriciens. « Plus que l’atmosphère austère de la Cour suprême, it is in these District Courts that for most citizens the rule of law has some meaning. C’est ici qu’ils ont leur premier contact direct avec la loi », a-t-il déclaré. Citant des chiffres, il a indiqué que les Cours de districts ont écouté pas moins de 128 000 cas civils et criminels en 2014. Des chiffres qui, dit-il, sont appelés à augmenter en 2015. S’agissant de la Cour de Moka, Keshoe Parsad Matadeen a expliqué que celle-ci se trouvait dans un bâtiment à côté construit à l’époque coloniale, devenu vieux et n’ayant pas résisté au passage du temps et aux effets des cyclones. La construction du nouveau bâtiment abritant la Cour de Moka, au coût de USD 2 millions, a été financée par les gouvernements mauricien et britannique.
Pour sa part, Akbar Khan, Deputy Head, Security Policy Department, UK Foreign & Commonwealth Office, a estimé que le Royaume-Uni est d’avis que les pirates doivent être poursuivis en Cour si l’on veut régler le problème de la piraterie et démanteler leur réseau. Cependant, a-t-il souligné, la situation aux larges des côtes somaliennes s’est considérablement améliorée depuis 2011, lorsque 32 navires et 736 personnes avaient été pris en otage par des pirates.
« Grâce à la communauté internationale et aux efforts de l’industrie – qui a pris des mesures de protection, dont des gardes armés –, les pirates ne détiennent plus aucun navire marchand. Le nombre des otages a aussi diminué à 26 », a-t-il déclaré. Toutefois, malgré ce succès, « il n’y a pas de place pour la complaisance ».