L’examen du barreau pour cette année débute le 11 septembre pour les aspirants avocats, avoués et notaires. Cette année, ils seront 125 à prendre part à ces examens, qui se dérouleront sur deux semaines au Council for Vocational Legal Education. Chaque année, le taux d’échecs reste élevé alors que plusieurs d’entre eux n’en sont pas à leur première tentative. Une fois encore, ces étudiants déplorent toute l’organisation de la formation qui, disent-ils, est pénalisante. Module non complété, peu de temps à consacrer à la révision et manque d’exposition à l’aspect pratique du métier sont autant de défis auxquels doivent faire face ces étudiants qui aspirent à la profession légale.
L’année dernière, sur plus d’une centaine de candidats en lice pour entrer au barreau, six ont été reçus comme avocat tandis que neuf candidats ont réussi leurs examens pour devenir avoué et qu’aucun candidat n’avait atteint le “pass level” pour pouvoir poursuivre une carrière de notaire. Depuis 2011, la création du Council of Vocational Legal Education (CVLE) remplace le Council of Legal Education (CLE), prévu dans la Law Practitioners Amendment Act. Si cette démarche visait à offrir davantage d’opportunités à ces jeunes qui souhaitent poursuivre une carrière dans la profession légale, ces derniers partagent un autre avis. « Les cours sont mal structurés et la quantité de temps que l’étudiant a pour assimiler la formation, qui dure environ sept mois, est disproportionnée par rapport au volume », disent-ils. Les trois ans de cours de droit couvre une connaissance générale des différentes lois alors que l’étape cruciale du barreau est obligatoirement précédée par le Vocational Course, qui met l’accent sur l’aspect purement pratique de la profession, comme c’est le cas au sein de la poignée d’institutions britanniques spécialisées dans cette formation. C’est un véritable parcours du combattant car il ne suffit pas d’être détenteur du LLB pour plaider le cas d’un client en cour. Pour l’examen du barreau, les étudiants seront évalués sur huit questionnaires écrits et un oral, appelé Advocacy, qui est destiné uniquement à ceux qui souhaitent embrasser une carrière d’avocats ou d’avoués.    
Nombre de détenteurs de « 3-A » au HSC avec les notes les plus élevées pour une admission à la faculté de droit de Réduit, et considérés comme brillants par leurs chargés de cours universitaires, sont recalés à l’épreuve du barreau. « Les trois ans de cours que nous faisons à l’université n’ont rien à voir avec l’examen du barreau. La première tentative est toujours difficile », expliquent ces étudiants, qui ont droit à six tentatives pour pouvoir pratiquer au barreau mauricien. Ceux qui obtiennent un « A » ou un « B » réussissent les examens alors que ceux qui obtiennent un « C » devront revenir l’année suivante. Ils n’auront cependant à payer que les frais d’examens de Rs 10 000. Par contre, les étudiants ayant obtenu une note inférieure à « C », eux, devront repayer les Rs 110 000 pour le cours ainsi que les frais d’examens. Cette année, on estime que ce n’est qu’une dizaine de ces étudiants qui seront admis au barreau.
Selon ces derniers, il y aurait de nombreuses lacunes dans l’organisation des cours. « Un “core module” Company Law, disent-ils, n’a pas été complété jusqu’ici car à un moment, le chargé de cours s’est désisté, et celui qui l’a remplacé était souvent absent. » Et de déplorer : « Les cours se terminent officiellement vers la mi-août pour permettre aux étudiants d’avoir un mois pour réviser. Il y a certains Lecturers qui ont continué à donner des cours pour rattraper le retard. L’annulation des cours se fait à la dernière minute. » Par ailleurs, l’encadrement physique dans lequel se déroule la formation est aussi mis en question car, au lieu de se retrouver sur le campus de Réduit, ces étudiants auraient préféré avoir des cours à Port-Louis, où se trouvent les tribunaux. D’autre part, une situation qui perdure depuis quelque temps, et qui est aux dépens de ceux qui ne peuvent pas se le permettre, c’est les leçons particulières données par certains membres du barreau. Certains étudiants peuvent en effet débourser jusqu’à Rs 4 000 par mois pour ces cours particuliers.
Les examens prennent fin le 22 septembre et les résultats seront connus en novembre. Les enfants de plusieurs personnes connues dans la profession, dont la fille du Directeur des poursuites publiques ainsi que les fils des avoués Jankee et Sewraj, y prendront part.