Des aspirants avocats et avoués, excédés par les carences et lacunes dans l’organisation des cours de droit à l’université de Maurice, sont passés à l’offensive au cours de la semaine en soumettant au chef juge par intérim, Eddy Balancy, une série de dénonciations les unes plus accablantes que les autres. Dans un contexte délicat, ces avocats et avoués de demain ont justifié leur décision de garder l’anonymat vu les risques du prix à payer pour une telle démarche.
En fin de semaine dernière, le chef juge par intérim a convoqué à la Cour suprême une réunion d’urgence des parties concernées et les représentants de la faculté de Droit de l’université de Maurice ont été acculés à soumettre un rapport complet sur les griefs énumérés par les étudiants. Une nouvelle réunion a été convoquée pour le 2 septembre en vue probablement d’entériner le renvoi des Bar Examinations du Council for Vocational Legal Education, fixés au 13 octobre prochain.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, la lettre adressée au chef juge par intérim par les étudiants comporte un aspect qui fait sourciller plus d’un professionnel au barreau. « It is our contention that remaining students concur with the representation but they are not prepared to sign for fear of being blacklisted and unjustly penalised at the time of the correction of the October 2014 LPVC examinations », peut-on lire au tout début de cette correspondence. Cet extrait met mal à l’aise des membres de la profession, d’autant que ces procédures doivent être perçues comme étant au-dessus du moindre soupçon.
La démarche de ces étudiants en droit s’inscrit dans une logique « in the interests of justice and of fair examinations being held for candidates wishing to become barristers or solicitors and practice before the Supreme Court and the lower Courts ». Ces étudiants entretiennent trois soucis majeurs par rapport aux prochains Bar Examinations, soit :
que par rapport aux huit questionnaires prévus pour les épreuves fixées dans six semaines « a significant part of the syllabus has not yet been covered by those entrusted with the conduct of the course » ;
90% des cours prodigués aux étudiants à la faculté de Droit ont été de nature purement académique « such that we have not been adequately prepared to cope with practical problems of the type normally set in vocational examinations for barristers and lawyers » et ;
que le Council of Vocational and Legal Education a déjà signifié son intention d’inclure des aspects de droit qui ne sont pas prescrits dans le programme d’études, comme ce fut le cas lors des précédents examens.
Sachant pertinemment bien qu’il existe très peu de chances que le programme d’études soit complété bien avant les examens, ces aspirants avocats et avoués ont cru pertinent de solliciter l’intervention du chef juge par intérim « so that the forthcoming vocational examinations may be conducted in a manner that is sufficiently fair to us ». Les consultations, convoquées par Eddy Balancy en fin de semaine, ont réuni les principaux concernés à l’exception du président du Council for Vocational and Legal Education, le juge Paul Lam Shang Leen, qui avait fait comprendre qu’il n’était pas disponible. L’Associate Professor Sooroojparsad Matadeen de l’université de Maurice, qui était souffrant, avait désigné des représentants. L’Attorney General, Satish Faugoo, n’a pu également participer à cette réunion.
Devant l’incapacité des représentants de l’université de Maurice d’éclairer la lanterne du chef juge suppléant au sujet des dénonciations, la faculté de Droit devra soumettre un rapport complet lors de la prochaine réunion, qui sera présidée par le chef juge, Keshoe Parsad Matadeen, pour décider de la marche à suivre et garantir un sens d’équité en faveur de ces étudiants en droit lors des prochaines épreuves.
Affaire à suivre…