La deuxième et dernière journée des compétitions de judo en individuel a pris fin hier après-midi au dojo de Roche-Caïman sur une note de grosse déception pour Maurice. Sur les trois chances attendues, seule Annabelle Laprovidence a pu faire retentir le Motherland, alors que les autres ont échoué d’un rien pour la médaille d’or. Néanmoins, Maurice termine deuxième nation de judo dans cette compétition, même si au niveau des médailles d’or (3) Madagascar reste proche.
Avec six médailles d’argent et trois de bronze, Maurice assure l’essentiel devant une équipe réunionnaise toujours dominatrice malgré qu’elle soit une équipe vieillissante. Mais hier à Mahé, nous avons découvert une jeune judokate qui ne cesse de monter en puissance. À 19 ans seulement, et cinq ans de judo dans les jambes, Annabelle Laprovidence nous a donné la conviction qu’elle a bien gagné sa place de digne remplaçante de Marie-Michelle St-Louis chez les plus de 78 kg. Du reste, c’est sous le regard de cette grande championne du judo mauricien qu’Annabelle Laprovidence a été sacrée.
Pourtant, pour beaucoup, la Mauricienne était la grande inconnue de cette compétition. Elle était en effet à ses premiers JIOI. En plus, elle vient de commencer à connaître le monde du judo international. Mais pour réussir dans cette catégorie, il y a un trait de caractère qu’il est important d’avoir : la combativité. Et hier, plus que jamais, elle s’est montrée combative dès son premier rendez-vous, contre la Réunionnaise Marie Lyse Certat.
Mine de rien, elle a assuré contre une adversaire qui n’était pas vraiment de son niveau. La Réunionnaise a donné l’impression d’être pas très au point techniquement pour ces Jeux. En assurant un waza-ari avec 7 points au tableau, la Mauricienne était bien lancée. D’autant que son combat contre Manuelle Volcère devant un public seychellois pas du tout fair-play n’avait pas rendu la tâche facile pour les officiels.
Bien dans sa tête, ce combat, annoncé comme de tous les dangers, surtout après la victoire rapide de son adversaire malgache Honorine Ravaoharimalala, n’a été en fait qu’une formalité pour Annabelle Laprovidence. En moins de deux minutes, elle a réussi une immobilisation sans histoire sur Manuella Volcère, qui pèse pourtant 125 kg contre 89 kg à la 3e médaillée d’or de Maurice. Le troisième combat n’a pas eu lieu puisque la Malgache ne s’est pas présentée. Autant dire que c’est une belle histoire qui commence pour cette judokate qui va commencer une formation de coiffeuse sous le TFES.
On a aussi découvert hier une nouvelle image du judo mauricien. Il s’agit en effet de Jonathan Charlot. Ce jeune homme d’à peine 19 ans et qui prépare son HSC au collège St Mary’s a raté d’un rien de causer la grosse surprise de cette journée. Il a démontré une telle puissance chez les moins de 81 kg que tout le monde a cru qu’il allait pouvoir venir à bout du Malgache Fetra Ratsihiziva, qui est ni plus ni moins que le champion d’Afrique de la catégorie. Du reste, c’est dans les toutes dernières secondes du golden score que le Malgache a pu faire la différence sur Charlot, qui a intégré la sélection un peu sur le tard. Sa médaille d’argent ne peut être qu’une excellente motivation et surtout du sang neuf pour le judo mauricien.
La grosse déception est venu de Marie-Michelle Godin, qui n’est pas entrée comme il se doit sans son ultime combat dans la catégorie -78 kg face à la Réunionnaise Maureen Parisot. Un manque de concentration lui a fait prendre un ippon après avoir encaissé deux yuko à deux minutes de la fin du combat. Pour la médaille d’or, elle va devra repasser. Pour sa part, Gary Guillaume a encore du chemin à faire avant de pouvoir prétendre à prendre la place d’Antonio Félicité. Il est cependant sur la bonne voie et sa médaille de bronze chez les plus des 90 kg devrait être une motivation supplémentaire.
Quant à la compétition par équipes, elle a commencé depuis ce matin.
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Déclarations
Annabelle Laprovidence (médaillée d’or) : « Tout s’est passé dans la tête »
« Avant la compétition, mes entraîneurs m’ont dit que tout allait se passer dans la tête et a priori la seule adversaire était la Réunionnaise Marie Certat. Comme je l’ai battu sans problème lors de mon premier combat, je me suis dit alors que la chance était là et que je devais la saisir. Depuis le retour de notre stage en France je me sens plus en confiance et je me suis dit que cette médaille j’allais la gagner pour mon pays et aussi pour tous ceux qui ont cru en moins. Je l’ai gagnée et je suis très heureuse. Je tiens aussi à remercier mes entraîneurs et Michel Glover qui, à travers le Trust Fund, m’aide afin que je puisse faire le judo et une formation professionnelle. »