La septième place décrochée par Christiane Legentil (-52 kg) aux Jeux Olympiques de Londres a été le meilleur classement de l’Afrique lors de ce rendez-vous sportif. Ce qui pousse Joseph Mounawah, directeur technique de la Fédération mauricienne de judo jiu-jitsu et disciplines associées (FMJJDA), à dire que 2012 a été un succès pour le judo.
Maurice meilleur pays africain en judo aux Jeux Olympiques de Londres. Cela peut paraître étrange mais c’est bel et bien une réalité. « Certains n’osent pas à le croire pourtant c’est une vérité. À part Maurice, aucun pays du continent africain n’a fait mieux qu’une septième place », précise Joseph Mounawah.
Pour ce dernier, obtenir une invitation aux Jeux de Londres était déjà une grande satisfaction. Maintenant atteindre la septième place peut être considérée comme une mission plus que réussie. Toutefois, le technicien de la FMJJDA, qui avait d’ailleurs participé pour la première aux JO en tant que coach et ce malgré ses nombreuses années dans le judo, estime que Legentil avait frôlé le bronze.
« Le manque d’expérience à un tel niveau a joué contre Christiane Legentil. Mais ce qu’elle a réalisé est déjà remarquable. Je dois dire que la stratégie de la fédération d’envoyer des judokas en stage en France a été bénéfique. Nous allons poursuvire dans cette direction afin que d’autres puissent se préparer pour des rendez-vous à venir », souligne-t-il.
Ainsi après le groupe composé de Christiane Legentil, Mcleod Paulin, Melissa St Pierre, Jean-Yves Boodhoo, Pascal Laurent, la FMJJDA envisage de déléguer quelques judokas pour des stages ponctuels en France. « Sarah Sylva a effectué de temps en temps des stages en France. La fédération a un projet de permettre à d’autres éléments de bénéficier ce type de formation. Il s’agit notamment d’Annabelle Laprovidence, Kimberley Jean-Pierre et Gary Guillaume.
Avec une attention particulière accordée aux jeunes de différentes régions, fait ressortir Joseph Mounawah, pendant l’année écoulée, cela s’est avéré un investissement positif. Le directeur technique de la FMJJDA note avec une satisfaction la grande participation des jeunes à l’occasion des championnats nationaux. « La fédération avait effectué une redistribution des cartes auprès de ses techniciens pour la formation des jeunes dans les différentes régions. D’autres mesures seront prises afin de favoriser le judo chez les jeunes », avance-t-il.
Redorer le blason
Dans l’ensemble, Joseph Mounawah trouve que la FMJJDA a atteint ses objectifs 2012. Toutefois, le seul bémol reste l’affaire du Grand Prix. Après la visite très médiatisée du président de la Fédération internationale de judo (FIJ), Marius Vizer, pour signer le contrat avec la FMJJDA et le ministère de la Jeunesse et des Sports, pour que Maurice abrite le premier Grand Prix en novembre 2013, ce projet pourrait tomber à l’eau en raison de l’absence de garanties financières.
Maurice n’ayant pu tenir son engagement envers la FIJ, la FMJJDA se retrouve dans une situation inconfortable vis à vis de l’instance suprême du judo et de l’Union africaine de judo (UAJ). Afin de sauver les meubles, Joseph Mounawah compte bien profiter du séminaire qu’organise l’UAJ du 18 au 21 courant à Marrakech afin de trouver un consensus. D’ailleurs, après l’échec du Grand Prix, il s’avère que Maurice peut accueillir à la place une compétition internationale en guise de consolation.
Pendant ce temps, la FMJJDA peaufine sa stratégie pour 2013. Cette présente saison sera marquée par les Internationaux de Maurice (mars), les championnats d’Afrique des nations seniors à Maputo (avril) et les 7es Jeux de la Francophonie à Nice (septembre).
« Les Internationaux de Maurice seront un repère pour nos judokas. Ce rendez-vous sera un moyen pour nous de voir leur comportement face à des judokas de la région. Il s’agira aussi d’une compétition à laquelle de nouveaux éléments auront l’opportunité de faire leurs premiers pas », fait ressortir notre interlocuteur.
Les championnats d’Afrique demeurent un rendez-vous incontournable pour la FMJJDA. Depuis plus années, le judo mauricien court après une médaille d’or. Il se trouve que les espoirs d’une médaille reposent beaucoup sur Christiane Legentil. « Nous envisageons d’envoyer deux ou trois judokas à ces championnats africains. Cette compétition reste importante pour nous. Après la prestation de Legentil à Londres, nous avons toutes les raisons d’espérer qu’un podium reste dans le domaine du possible même si les compétitions sont difficiles », constate le directeur technique.
Les Jeux de la Francophonie seront aussi un autre grand moment pour la discipline. Dans cette perspective, la FMJJDA songe déjà au coup réalisé à Madagascar en 1997. « Nous sommes dans une bonne posture et il faut que nos judokas en profitent pour démontrer que le judo reste parmi les meilleures disciplines à Maurice », s’accorde à dire Joseph Mounawah.