S’achemine-t-on vers une issue dans le dilemme auquel fait face le caretaker committee mis en place par le ministère de la Jeunesse et des Sports après avoir dissous le comité directeur de la Fédération mauricienne de Judo? Une réunion est prévue ce mardi au 8e étage du Citadel Mall entre le MJS, le Comité olympique mauricien et les membres du caretaker committee pour décider de la date finale de l’organisation des nouvelles élections afin de rétablir le judo mauricien dans ces droits.
Le 28 avril, soit à la veille de la fin de son mandat de trois mois — en vertu de la section 9 (c) (i) (ii) de la Sports Act 2013 —, le caretaker committee présidé par Gérard Réquin avait décidé unilatéralement d’annuler l’organisation des élections qui allaient permettre à la FMJ de constituer son comité directeur. Une décision prise sans consulter les membres élus au niveau des trois comités régionaux (Port-Louis, Rodrigues et Grand-Port/Pamplemousses). Depuis, on ne sait toujours pas les intentions ni de Gérard Réquin ni du ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephane Toussaint, qui a renouvelé le caretaker committee pour trois mois encore. Bien que ce même Réquin ne soit toujours pas en mesure de proposer une solution afin que cesse cette ingérence du ministère des Sports dans les affaires du judo mauricien.
FMJ : deux ans sans fonctionner
En vérité, personne ne sait, de façon officielle, pourquoi les élections du 29 avril ont été renvoyées, pourquoi le caretaker committee est toujours en place et surtout quelles sont ses responsabilités. Pour l’heure, ni le ministre ni Gérard Réquin n’ont répondu aux sollicitations de Week-End. Quoi qu’il en soit, la FMJ ne fonctionne plus depuis bientôt deux ans.
Toutefois, Week-End est en présence d’un document qui explique pourquoi l’assemblée générale du 29 avril n’avait pas été organisée. Ces raisons sont entre autres :
(a)  Le Caretaker Committee n’était pas en mesure de garantir des élections libres et équitables face à un intense lobbying et à la manipulation des candidats et des électeurs par des personnes qui souhaitaient interférer dans les affaires de la FMJ de l’extérieur?;?(b) La démographie des candidats à l’élection garantit un comité de neuf personnes dont trois seraient de Rodrigues. Il n’y a absolument aucune preuve que les membres de Rodrigues puissent assister régulièrement aux réunions du comité de gestion. Cette situation entraînerait une gestion instable?;?(c)  L’élection des dirigeants du comité régional pour la région de Port-Louis n’a pas respecté les dispositions de l’article 12. (2) (c) (ii) de la Sports Act, qui stipule qu’une fédération sportive nationale doit veiller à ce qu’un comité sportif régional « élise ses officiers de telle sorte qu’aucune personne ne soit victime de discrimination en raison de la race, de la communauté, de la caste, de la croyance ou de la couleur »;?(d) La police a lancé une enquête sur la gestion financière de la FMJ, dissoute à la suite d’un rapport sur la prétendue mauvaise gestion des finances à l’ex-FMJ. Ce serait un fardeau considérable pour le nouveau et fragile comité de gestion de traiter cette enquête.
Selon nos informations, la réunion de mardi dernier devait dégager une solution finale à cette situation, de même qu’une date pour les prochaines élections. Il semblerait que le comité directeur n’arrive pas à fonctionner comme il se doit. De ses membres, le secrétaire général du Comité olympique Mauricien, Kaysee Teeroovengadum, semble énormément pris par les activités au niveau du COM et de l’Association mauricienne de Volley-Ball. Alors que les démarches de Gérard Réquin auprès des responsables des clubs comme « le président de la FMJ » paraissent ne convaincre personne dans la famille du judo, qui continue à réclamer l’organisation des élections.
Nous apprenons aussi que certains clubs ont pris l’initiative de contacter les dirigeants de l’Union africaine de judo (UAJ), qui aurait expliqué que cette dernière n’est « pas favorable » à l’idée que le gouvernement intervienne dans les affaires de la FMJ.