Le comité directeur de la Fédération mauricienne de Judo, dans sa majorité, a tenu une conférence de presse jeudi dernier au Caudan, à Port-Louis, dans le sillage du renvoi de Josian Valère du Village des Jeux olympiques à Rio en début de semaine. Le président de cette fédération, Rashid Jhurry, a d’emblée soutenu que la situation qui prévaut actuellement au sein du judo mauricien est très grave.
« Nous ne pouvons continuer à rester tranquilles et attendre que les autorités agissent. Surtout après ce qui s’est passé à Rio, où celui qui se prétend toujours président de la Fédération mauricienne de Judo a été expulsé du Village des Jeux pour faute grave et indiscipline », a déclaré le président de la FMJ. Ce dernier a relaté à la presse que depuis le 28 juin dernier le comité directeur de la fédération s’était réuni et a, à une majorité absolue, pris la décision de révoquer Josian Valère comme président.
« Cette même majorité avait pris la décision de me confier la responsabilité d’agir comme président depuis le 28 avril dernier. Dans cette affaire, le ministère des Sports dit attendre encore une enquête du Registrar of Association avant de reconnaître le changement de président que le comité a effectué. Mais je peux vous affirmer qu’au niveau du Comité Olympique Mauricien (COM) cette question a été réglée. Je peux même vous assurer qu’un courrier a même été envoyé au secrétaire général de la FIJ pour dire que je suis le président de la FMJ », a dit Rashid Jhurry.
Ce dernier a donc insisté auprès des journalistes présents de ne plus considérer Josian Valère comme président de la FMJ. « Depuis novembre 2015, il a pris la fédération en otage et a tout mis en oeuvre pour écarter Joseph Mounawah dans l’administration de la fédération afin d’entraver le fonctionnement de notre fédération. Et depuis le 28 juin, les choses ont changé et nous reconnaissons toujours Joseph Mounawah comme notre directeur technique. Sa présence à nos côtés aujourd’hui (ndlr : jeudi) est la preuve qu’il a notre confiance », a indiqué le président de la FMJ.
Ce dernier se pose aussi la question suivante : « Qui a raison aujourd’hui?? ». « Lorsque nous avons averti le ministre du comportement de Josian Valère, il n’a pas voulu nous écouter et aujourd’hui, avec son renvoi du Village des Jeux Olympiques, ce n’est pas uniquement le judo mauricien qui prend un sale coup, mais tout le sport mauricien. Josian Valère a porté un tort immense à notre discipline, dont le fondement même est le respect. Jamais une telle chose n’est arrivée à un de nos membres depuis que nous participons aux compétitions à l’étranger », a avancé l’intervenant.
Durant son passage à la tête de la fédération, soutient-il, Josian Valère a accumulé des erreurs qui n’ont pas été sans conséquence pour cette discipline. Il a, entre autres, cité la non-convocation du comité directeur de la Fédération de novembre 2015 à juin 2016, le cas de six judokas, en route pour un stage de six mois en Hongrie, qui ont été bloqués à Paris faute de visa, ainsi que l’absence de Maurice lors des Championnats d’Afrique cadet et junior au Maroc à défaut encore de visa.
« Donc, même s’il est encore membre de la fédération en dépit de sa révocation comme président, le comité et directeur de la fédération dit haut et fort que nous nous dissocions des actions de Josian Valère. Il n’est non seulement pas digne d’être président, mais n’est également pas digne d’être lié au monde du judo », a invoqué Rashid Jhurry, qui espère que l’Union Africaine de Judo contestera la nomination de Josian Valère comme leur directeur de communication.