Son expérience du terrain veut qu’il soit serein en toute circonstance, mais Joseph Mounawah peut-il l’être quand on perd à 47 jours de l’ouverture des Jeux des îles, une compétitrice de la trempe de Christiane Legentil? Malin comme il est, l’entraîneur en répond pas directement à la question, mais dans sa tête, on sent que le calcul est fait, car on ne remplace pas, au pied levé une fille comme Christiane Legentil dont le potentiel à La Réunion en août prochain serait deux médailles d’or (individuel et en équipe). Lucie Perinne qui a été annoncée chez les moins des 52 kg lorsque la sélection a été constituée après les Championnats Nationaux de dimanche dernier ne ferra sans doute pas le poids.
Joseph Mounawah cependant garde espoir. «Tout grand champion a débuté un jour, donc pour l’heure nous faisons confiance à Lucie (Perinne) et nous verrons d’ici l’arrivée des Jeux comment elle se comporte sur le tatamis et nous prendrons les décisions qu’il faudra, le temps venu», explique-t-il à Week-End. En effet, des ajustements seront plus que nécessaires, d’autant que la médaille d’or qui est en jeu dans cette catégorie est considérée comme prenable. Pour Joseph Mounawah, il s’agit, d’ici 49 jours, de trouver la bonne formule et surtout de trouver la bonne candidate pour prendre la citadelle réunionnaise.
«C’est jamais facile de laisser sur la route une athlète avec laquelle on a travaillé depuis des années. Depuis 2011, Christiane Legentil n’a pas cessé de tourner dans les compétitions internationales et aussi de gagner des médailles pour Maurice. Il y a eu, de ce fait, un investissement important sur elle et cette participation aux Jeux des Iles était l’espoir de tout un peuple y compris celui de Rodrigues sa terre nationale», explique encore l’entraîneur national. Ce dernier ne fait pas uniquement allusion à l’absence de Christiane Legentil sur sa liste, mais surtout à la nécessité de motiver la troupe et garder leur moral aussi haut que possible.
Une leader avant tout
Ce qui confirme dans la foulée qu’elle était avant tout une leader. Certes Christane Legentil n’est pas encore arrivée au niveau d’une Marie-Michèle St-Louis, Priscilla Chéry ou d’un Jean-Claude Raphaël ou Antonio Félicité, mais souhaitons qu’elle revient très vite à son meilleur niveau. Pour l’heure, toute la sélection est en stage bloqué au dojo de GRNO depuis vendredi dernier et ce pour toute la semaine qui vient. L’objectif est de préparer 10 judokas qui feront le déplacement en Afrique du Sud à partir du 28 juin pour participer au South Africa Open (30 juin et 1er juillet), qui sera suivi d’un stage jusqu’au 12 juin à Cape Town. Le 3 juin, l’équipe de Maurice sera aussi en compétition.
Pour ce déplacement, le duo Mounawah-Velici a placé leur confiance en Sarah Sylva (57kg), Kimberley Jean-Pierre (63 kg), Christiane Spéville (-78kg), Annabelle La providence (+78 kg), Pascal Laurent (-60 kg), Brian Etienne (-73 kg), Jeff Albert (-81 kg), Shane Dulmar (-90 kg) et Sébastien Perinne (+100 kg). Pour ce qui est des moins des 60 kg, Joseph Mounawha n’a pas encore fait son choix entre Christophe Carron ou Michael Allas. L’objectif sera double pour ces judokas qui seront du voyage en Afrique du Sud. D’abord, il leur faudra justifier leur place dans la sélection tant au niveau du travail en stage qu’en compétition et puis gagner des médailles dans les deux compétitions.
«Nous espérons que ce déplacement sera le déclic que nous attendons avant le grand départ pour La Réunion», a renchéri l’entraîneur national, qui s’attend aussi à un autre défi au retour d’Afrique du Sud. En effet, la phase finale de la préparation pour les Jeux pourrait se faire en compagnie des judokas de la formation française Flamme 81, dirigée par Baptiste Leroy ancien champion de France. Mais un petit souci de fonds risque de torpiller le choix de la FMJDA pour avoir ces sparring-partners avant les JIOI.