Priscilla Morand (au sol) est déterminée à faire honneur au pays tout comme en 2015

La préparation des judokas mauriciens, comparativement aux précédents Jeux, n’a pas été de tout repos. C’est le cas de le dire, dans la mesure où cette discipline n’a pu élire son comité directeur qu’en janvier dernier. Cela après deux ans de conflits internes et un caretaker committee dont la légitimité a été longtemps contestée par un groupe de l’opposition.

Entre-temps, la préparation s’est déroulée tant bien que mal jusqu’à l’arrivée, en septembre 2018, d’un directeur technique national, le Français Baptiste Leroy. Est-ce suffisant pour aller contester la supériorité des Réunionnais, donnés grands favoris de cette compétition ? Pas si sûr.

Avec le peu de temps dont il a disposé, Baptiste Leroy a osé en incluant de nouvelles têtes dans le groupe. On dira aussi que, de par son expérience, il a mis en œuvre un programme de préparation avec pour objectif d’inspirer le groupe à la performance. Il a même eu l’occasion de suivre les judokas lors des championnats d’Afrique seniors d’avril dernier en Afrique du Sud et plus récemment au Maroc, lors d’un camp d’entraînement de dix jours. « Nous revenons d’un stage au Maroc au cours duquel nos sélectionnés ont très bien réagi. L’ambiance est bonne et il y a un bon esprit d’équipe. Tout le monde est concerné et motivé. Ce qui est de bon augure », explique-t-il.

Baptiste Leroy a indiqué que ce stage au Maroc a été bénéfique, dans le sens où un travail de retouche a été entamé depuis le retour au pays. « Participer à ce stage était très important car nos judokas ont pu profiter des facilités sur place, mais surtout de la présence de judokas de haut niveau. Ainsi, ils ont eu la chance de combattre face à différents adversaires et travailler aussi avec différents sparring-partners », fait remarquer le DTN.

Selon lui, ses judokas ont été mis dans des situations difficiles et ont ainsi pu voir ce qu’est réellement le haut niveau. « Il y avait une certaine pression qu’on ne retrouve pas à Maurice. Le rythme des entraînements était très élevé et je peux dire que nos judokas ont eu fort à faire. En même temps, cela nous a permis de faire un point très important de leur niveau », avance-t-il.

Quelques bonnes cartes

Désormais, avance Baptiste Leroy, le groupe a grandi, non seulement au niveau physique et tactique, mais aussi sur le plan psychologique. « On sent que c’est un groupe déterminé. Ce qui est très positif. Au-delà de l’aspect sportif, je dirai que tout le monde a été exemplaire. Il nous reste encore deux semaines de préparation avant les Jeux. Donc, à nous d’en tirer le maximum », fait-il remarquer.

À noter que 14 catégories sont lice pour les 10es JIOI et autant dire que la tâche des Mauriciens ne s’annonce guère facile, surtout face à une équipe réunionnaise qui fait figure d’épouvantail. Il n’empêche que Maurice possède quand même quelques bonnes cartes, à l’image de la Suissesse d’origine mauricienne Priscilla Morand, seule médaillée de bronze aux derniers championnats d’Afrique. Son objectif sera de conserver sa médaille d’or de 2015 acquise chez les -48 kg. Christiane Legentil (-52kg) sera aussi de la partie après avoir été écartée du tatami pendant une année pour cause de blessure. Quant à Tracy Durhonne, elle aura fort à faire chez les +78kg face à la Réunionnaise Léa Fontaine, championne d’Europe juniors.

En revanche, Annabelle Laprovidence, médaillée d’or aux Jeux 2015 chez les +78 kg, ne sera pas présente, ayant décidé de prendre sa retraite l’année dernière.
Chez les hommes, Baptiste Leroy pourra compter sur Pascal Laurent, gêné dans sa préparation par une blessure, mais qui est de retour à temps.

Son objectif sera de défendre son titre chez les -60 kg. Rémi Feuillet (-90 kg) défendra lui les couleurs mauriciennes pour la deuxième fois et aura une belle carte à jouer. « Sur un tournoi de judo, tout peut arriver. Nous avons un bon groupe et je sais que nos judokas ont hâte de donner leur maximum », fait-il ressortir.

Maurice attend beaucoup de Rémi Feuillet en -90kg

Difficile de faire mieux qu’en 2015

Il n’empêche, précise-t-il, qu’il faudra être très vigilant face à l’ogre réunionnais. « En 2015, les Réunionnais avaient décroché 11 médailles d’or sur les 14 en jeu. Les Mauriciens en avaient pris quatre. Entre-temps, nous avons perdu Annabelle Laprovidence et les Réunionnais ont eux récupéré une judokate de 150 kg. Ils visent 12 médailles d’or, sinon plus. Et on les comprend, d’autant qu’ils participent régulièrement aux championnats de France et même aux compétitions européennes contrairement aux Mauriciens », souligne le Français.

Dans ces conditions, sera-t-il plus difficile de faire mieux qu’en 2015 ? « Je pense que oui. Les Réunionnais se préparent depuis les derniers Jeux et j’ai l’impression que le judo mauricien a lui connu un gros passage à vide. Maurice n’a pas vraiment eu de bonnes stratégies au niveau de la formation. Je pense que d’ici quatre ans, Maurice sera au-dessus dans l’océan Indien. Pour cela, il faudra miser sur les plus jeunes en mettant les facilités nécessaires tout en prenant le soin de ne pas entamer une préparation internationale sur le tard », fait remarquer Baptiste Leroy.

À noter que c’est Bryan Étienne et Christina Spéville qui seront les capitaines des sélections nationales à ces Jeux. À noter que la compétition en individuel se tiendra du 22 au 24 juillet au complexe sportif de Côte d’Or, alors que le tournoi par équipes aura lieu le 25 juillet à Rodrigues.

La sélection
Hommes : Pascal Laurent (-60 kg), Louis Bégué (-66 kg), Daniellito Perrine Rosidor (-73 kg), Bryan Étienne (-81 kg), Rémi Feuillet (-90 kg), Hansley Adonis (-100 kg), Sébastien Perrine (+100 kg)
Dames : Priscilla Morand (-48 kg), Christiane Legentil (-52 kg), Sarah Sylva (-57 kg), Kimberley Jean Pierre (-63 kg), Noémi Évenor (70 kg), Christina Spéville (-78 kg), Tracy Durhone (+78 kg)