N’en pouvant plus de l’état léthargique dans lequel se trouve la Fédération mauricienne de Judo (FMJ), des dirigeants de club sont passés à la vitesse supérieure cette semaine à l’occasion d’un point de presse à l’hôtel St Georges. Ils réclament ni plus ni moins que des élections en bonne et due forme afin que le judo local retrouve ses lettres de noblesse. Ils espèrent aussi que la famille du judo travaillera ensemble en vue de « redresser la barre », et préviennent que s’il y a encore des litiges qui viennent perturber la progression des judokas, « nous irons de l’avant pour que justice soit rendue ».
Le caretaker commitee présidé par Gérard Requin a été qualifié de « comité bouffon » par Alain Batterie, dirigeant du club de judo de Briquetterie. « Ils ne prennent pas en considération l’intérêt du sport et de notre discipline. Un comité ne peut être créé puis dissout puis recrée. Où allons-nous?? Les Jeux des îles de l’océan Indien approchent à grands pas. Les judokas ont besoin de compétitions et de frottements à l’étranger. Cette guerre intestine n’aide pas le judo », a-t-il souligné.
Un autre dirigeant de club, Alain Loumeau, a fait ressortir que cette situation est maintenant devenue « invivable », ajoutant qu’il faut y remédier au plus vite. « Au lieu de fédérer, ce caretaker commitee crée la division. Ce n’est pas normal. Nous sommes tous des volontaires qui veulent oeuvrer pour l’épanouissement des judokas. Certains sont déjà très frustrés par la situation. Le judo est à la dérive ». L’entraîneur Jean-Noël Bardot abonde dans le même sens. « Nous sommes des passionnés. Nous sommes des bénévoles qui partagent notre savoir avec les adeptes. Nous ne demandons rien en retour. Nous voulons juste que justice soit rendue et que la discipline retrouve ses lettres de noblesse. C’est tout ce que nous réclamons. Pensons avant tout aux athlètes ».
Teddy Rita, ancien trésorier de la Fédération mauricienne de Judo (FMJ) et représentant du club de judo de Curepipe, considère que Gérard Requin a failli à sa tâche. « Au sein de ce comité, il y a un entraîneur qui représente le club de Grand Port et d’après la Sports Act, il ne peut faire partie de cette instance. Et quand je lui ai fait part de ce litige, il m’a clairement fait comprendre que ce n’était pas de son ressort. Certaines personnes au sein de ce comité font passer leurs propres intérêts personnels avant ceux des athlètes. Valeur du jour, la fédération est paralysée. Nous ne pouvons participer à aucun tournoi ou passage de grade. »
« Le COM nous prend en otage »
S’agissant du Comité Olympique Mauricien (COM), Teddy Rita est d’avis que « cette instance veut maintenant nous prendre en otage. Nous réclamons des élections en bonne et due forme au plus vite afin que des gens compétents puissent redresser la barre. Car tout ceci est une farce. Je voudrais bien connaître les compétences de M. Réquin ». Le représentant du club de judo de Curepipe a aussi précisé que les clubs sont entrés en contact avec Habid Sissoko, président de l’Union africaine de Judo (UAJ). « Il nous a expliqué que l’UAJ peut intervenir dans les disputes au niveau des fédérations nationales uniquement s’il y a une demande de la Fédération internationale. Il nous a donc invités à nous diriger vers la Fédération internationale de Judo ». Et de préciser : « Je le dis haut et fort, le président du COM, Philippe Hao Thyn Voon, n’est qu’un bluffeur ».
Alain Batterie souhaite lui que « rann nou nou federasion. Pa pran nou federasion an otaz. Nous voulons travailler main dans la main, et non nous prendre la tête avec des querelles qui n’aident en rien la discipline. Je lance un appel aux dirigeants : enterrons la hache de guerre et travaillons ensemble. S’ils persistent à vouloir nous mettre des bâtons dans les roues, nous irons de l’avant pour que justice soit faite. »