Quatre judokas – ils seront rejoints par Christiane Legentil actuellement en Allemagne – ont mis le cap vendredi sur la Hongrie pour un stage de trois mois avec le soutien de la Fédération Internationale de Judo (FIJ). Cette dernière a accordé cette bourse aux judokas mauriciens après un choix qui a été fait par le directeur technique national, Florian Velichi qui se trouve pour l’heure en Allemagne pour accompagner Christiane Legentil dans sa rééducation finale avant que la Mauricienne ne puisse reprendre le chemin des tatamis. Si les frais de séjour en Hongrie sont à la charge de la FIJ, par contre, les frais de déplacement pour les quatre judokas sont à la charge des autorités, notamment le ministère de la Jeunesse et des Sports. Ils sont dans l’ordre, Pascal Laurent (-60kg), Warren Moutien (+100kg), Christiane Legentil (-52 kg), William Edouard (-73 kg jr), Hansley Parmansing (-60 kg cadet) et Adrien Valère (-90 kg cadet)
Si a priori, ce déplacement ne devait pas poser de problème et qu’au final ce stage de trois mois pour certains et de six mois (Legentil, Laurent et Moutien) pour d’autres en Hongrie était une aubaine pour le judo mauricien de bien entamer la saison 2016. D’une part, dans la perspective d’une qualification olympique pour Christiane Legentil qui reprend son destin en main après avoir traîné une blessure pendant plus de six mois et aussi dans le but de créer une ossature solide pour les futures compétitions, dont les Championnats d’Afrique. Sauf qu’en constatant la liste des six judokas sélectionnés pour le stage hongrois, deux faits sautent aux yeux et qui nous poussent à comprendre aujourd’hui pourquoi le président, Josian Valère avait cherché, depuis  le 14 décembre, d’interdire à quiconque de signer une lettre de la Fédération mauricienne de Judo (FMJ) en son nom et voulait aussi interdire au ministère des Sports – qui s’est ravisé depuis – de tout financement des activités de sa propre fédération.  Une première à Maurice…
Velichi a-t-il pénalisé Sylva ?
La première chose qui saute aux yeux dans cette liste, c’est l’absence des deux meilleures judokates, nommément Annabelle Laprovidence et Sarah Sylva. Ces deux athlètes sont non seulement médaillées d’or lors des Jeux des Iles, Annabelle Laprovidence (double médaillée d’or) avait  remporté la médaille de bronze lors des Jeux du Commonwealth à Glasgow en 2014. Les deux bénéficient d’une bourse de haut niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports. Pourquoi ont-elles été laissées sur le quai et pour quelles raisons ? Florian Velichi n’étant pas à Maurice, actuellement, il a été impossible à Week-End de connaître la raison, d’autant que à la FMJ, on a indiqué ne pas avoir de contact avec le DTN. « Depuis son départ, le 6 décembre, il n’a pas donné signe de vie, ni un courrier électronique pour dire que la situation est sous contrôle en Allemagne », nous a-t-on laissé entendre au dojo de GRNO.
Reste qu’il n’est un secret pour personne que le technicien allemand, qui a été mis à la disposition du judo mauricien par la FIJ, n’apprécie pas trop « la grande gueule »« pénalisée ». D’autant plus que nous apprenons de la voix du vice-président de la FMJ, Rashid Jhurry, que cette liste de sélectionnés pour le stage de Hongrie n’a jamais été approuvée par le comité directeur . «Vous savez depuis que M. Valère a décidé de mener sa guerre contre nous pour des raisons que nous savons tous, le comité fonctionnait au ralenti et que des décisions importantes, notamment en vue de la nouvelle saison sont mis en vieilleuse», soutient-il.
Favoritisme
L’autre fait qui saute aux yeux c’est la présence d’Adrien Valère, le fils du président Josian Valère sur cette liste. Comment et pourquoi ce judoka, absent de toute compétition internationale — il n’a participé qu’à une compétition (TIREU) internationale seulement — durant la saison 2015,  et qui n’a pas été, non plus, régulier à l’entraînement au dojo national peut se retrouver sur la liste des sélectionnés pour la Hongrie ? Visiblement, la sélection d’Adrien Valère pour ce stage relève, de plus en plus, à une affaire de favoritisme où la question qu’on se pose est la suivante : Josian Valère a-t-il favorisé son fils pour ce stage ?
Nous avons essayé à plusieurs reprises d’avoir le président de la FMJ sur son  téléphone portable pour savoir sa version des faits,. Mais son téléphone était soit éteint,soit nos appels sont restés sans réponse. Toujours est-il que la question se pose sur le comment un entraîneur de la trempe de Florian Velichi peut aller dans une telle direction? A-t-il été poussé, voire forcé à pondre une telle liste ? Dans cette affaire, il est difficile de comprendre comment le MJS, qui cherche la moindre raison pour ne pas financer un déplacement ait pu accepter, sans broncher, de financer le déplacement d’un athlète, pour ne pas dire des athlètes, sans résultats ? Visiblement, il y a de la connivence dans ce dossier où des connexions politiquement incorrects sont impliquées à tel point qu’un président décide d’outrepasser non seulement son comité directeur, mais aussi sa commission technique. Ce qui constitue une faute très grave dans la gestion des affaires d’une fédération.
Interrogé par Week-End hier, Annabelle Laprovidence n’a pas caché sa déception, voire même sa colère. «Pourquoi dois-je continuer à m’entraîner quotidiennement  pour être victime de tels actes ? Personne à ce jour, personne ne m’a expliqué pourquoi je ne suis pas sélectionnée pour ce stage alors que j’ai fait une saison 2015 honorable tant pour les Jeux des Iles où j’ai gagné deux médailles d’or que les Jeux d’Afrique. Pourquoi dois-je continuer à subir l’humiliation alors que je transpire tous les jours sur le tapis pour être au niveau quand vient le temps des compétitions ? Enkor en fois, beouf travail souval mangé. J’espère que j’aurai un jour des réponses à ma question, surtout que l’histoire a démontré que c’est toujours les filles qui apportent des résultats pour le judo mauricien et jamais le contraire», déplore la judokate..