Alexandre Koomanikooa, qui a plaidé coupable du meurtre de sa femme Christine Koomanikooa le 7 décembre 2008 devant les Assises, a écopé d’une peine de prison de 23 ans sous une charge de “manslaughter” (meurtre sans préméditation). Alexandre Koomanikooa avait admis dans ses déclarations avoir commis l’irréparable sous le coup de la colère, car ne supportant pas que sa femme entretienne une liaison avec un autre homme.
Le juge Benjamin Marie-Joseph, qui a présidé ce procès devant les Assises, a conclu que, selon les preuves présentées en cour, l’accusé s’est laissé emporter alors qu’il cherchait des explications sur les fréquentations de sa femme. Toutefois, ajoute-t-il, même si la jalousie est le principal motif du crime, l’accusé pouvait régler le problème autrement au lieu de commettre cette agression mortelle. Lors des plaidoiries, l’homme de loi de l’accusé, Me Rama Valayden, avait demandé au juge de prendre en considération le fait qu’Alexandre Koomanikooa avait admis son crime dès le départ et avait coopéré avec la police. Me Valayden a soutenu que l’accusé avait réalisé l’atrocité qu’il avait commise et qu’il était pris de remords « tant il aimait sa femme ». Concernant les trois tentatives de suicide d’Alexandre Koomanikooa (il avait tenté de se trancher les veines avec un cutter, avait avalé de la soude caustique et s’était planté un couteau dans l’abdomen), Me Valayden a soutenu que ces actes désespérés démontraient que son client éprouvait des remords et avait réalisé qu’il ne pouvait vivre sans sa femme. L’homme de loi s’est aussi attardé sur l’avenir des trois enfants de l’accusé, dont un a témoigné en cour, relatant que son père leur avait demandé de lui pardonner son crime. L’homme de loi a de fait réclamé la clémence de la cour afin que l’accusé puisse s’occuper de ses enfants, qui seront sous la charge de leur grand-mère pendant son temps de prison.
Me Madheven Armoogum, qui représentait la poursuite, avait quant à lui concédé qu’il s’agit d’un « cas désolant », précisant toutefois que « justice doit être faite, pour la victime ainsi que pour ses proches ». Précisant qu’un crime « odieux a été commis », il a également rappelé que l’accusé avait admis avoir eu l’intention « de donner une correction » à son épouse. Me Armoogum ajoute que « la jalousie ne peut justifier une telle réaction violente et disproportionnée ». A noter que la peine maximale pour les cas de “manslaughter” est de 45 ans de réclusion.
Alexandre Koomanikooa avait laissé le corps de Christine Koomanikooa dans une maison abandonnée, située rue Lees, à Curepipe, et ce sans lui porter secours. Ce que l’accusé avait expliqué en prétextant « laper » en réalisant que son épouse pouvait succomber de ses blessures du fait des coups violents qu’il lui avait infligés. Le corps sans vie de Christine Koomanikooa avait été découvert le lendemain de sa mort par la police. La victime, retrouvée gisant dans une mare de sang, portait une profonde blessure au cou, des incisions sur le visage ainsi que des ecchymoses sur les joues et le menton. Selon le rapport d’autopsie, exécutée par l’ex-chef du département médico-légal de la police, le Dr Satish Boolell, la victime est décédée d’une fracture du crâne.