La magistrate Anjalee Ramdin-Ragoobur a prononcé hier matin un verdict d’acquittement en faveur de Yannick Bhoyroo. Dans le procès que la Cour criminelle intermédiaire lui intentait, il répondait de deux chefs d’accusation pour trafic de drogue : possession d’héroïne dans le but de la distribuer sous les articles et paragraphes 30 (1) (f) (ii), 45 (1), 47 (5) et 48 de la Dangerous Drugs Act et blanchiment d’argent sous 39 (c), 45 (1) et 45 (5) (a) de la même loi.
L’inculpé avait plaidé non coupable et était défendu par Me Yanilla Moonshiram alors que Me Ram Rammaya avait soutenu l’accusation.
En ce qui concerne le premier chef d’accusation, le dossier de la poursuite reposait essentiellement sur les versions fournies par deux policiers, les constables Lerne et Bhoyroo.
Les policiers ont soutenu que le 1er octobre 2007, ils étaient en patrouille à Rivière-Noire. Aux alentours de 10 h 45, alors qu’ils veillaient à la Maingard Road, ils affirment avoir aperçu une voiture de couleur bleu métallisé qui venait du Morne. Elle s’est arrêtée à une certaine distance des constables, qui se sont dirigés vers elle. En passant à côté du véhicule, les policiers ont vu l’accusé, qui se trouvait à la place du conducteur, remettre à un certain Juliette qui était sur le siège arrière, un colis de couleur bleue ressemblant à une petite boule. Selon les policiers, ils étaient à trois mètres de la scène.
Toujours selon les deux policiers, ils sont intervenus tout de suite. Ils ont ordonné aux occupants de la voiture de sortir. Ils les ont fouillé et le constable  Lerne a trouvé le colis dans les souliers de Juliette de même qu’une somme de Rs 1 800. Ouvrant le paquet, ils ont constaté la présence d’une certaine quantité de poudre. Interrogé sur la présence de cette substance, le dénommé Juliette est resté muet. Pour l’argent, il a dit que c’était ses salaires.
De son côté, l’accusé, alors qu’il était « cautioned » par les policiers, aurait dit à Juliette, selon leur version des faits : « Pran sarz la twa. » Une somme de Rs 80 000 a été trouvée en sa possession. Elle a été saisie. La drogue et les sommes d’argent ont été placées dans une enveloppe sur laquelle seul Juliette a apposé sa signature. La police a évalué la drogue saisie à Rs 12 000.
Lors de son contre-interrogatoire, Me Moonshiram a fait remarquer qu’il n’y a eu aucun plan ni photo montrant la scène. Il a concédé que s’il y en avait, l’incident aurait été mieux décrit. Par ailleurs, l’officier de police a nié que l’accusé aurait dit à Juliette : « To pran to sarz parski mo pa konn narien. » Après la déposition du constable Bhoyroo, la défense a fait appeler le dénommé Juliette, qui purge une peine d’emprisonnement. Il a notamment souligné qu’étant un toxicomane, il avait de la drogue dans ses souliers le jour de l’incident. Il avait acheté de l’héroïne à Port-Louis. Vu qu’il devait se rendre à Rivière-Noire et qu’il y avait une place dans la voiture de l’accusé, il a voyagé avec lui. Il a indiqué que tout au long du voyage, la drogue était restée dans ses chaussures, assurant que personne d’autre n’était au courant de la présence de la poudre prohibée sur lui. Lorsqu’il avait été poursuivi par la suite, il a plaidé coupable.
Le constable Vengatasamy, qui a consigné la déposition de l’accusé, l’a produite en cour. Dans cette déposition, Yannick Bhoyroo a expliqué l’origine de la somme d’argent trouvée sur lui. Il s’agissait, a-t-il dit, d’une partie de l’argent que lui avait payée une société active dans l’événementiel qui avait organisé une soirée le 29 septembre 2007. L’accusé et son frère Diop Bhoyroo avaient été engagés pour assurer la sécurité lors de la soirée. Cette version a été confirmée par la police, a précisé le témoin.
Pour la magistrate, la poursuite n’a pu établir la culpabilité de l’accusé pour possession de drogue et de blanchiment d’argent.