Robert Lesage, l’unique personne à avoir jusqu’ici été trouvée coupable de malversations dans le scandale de l’utilisation à des fins privées des dépôts du Fond National de Pension auprès de la Mauritius Commercial Bank, a remporté, vendredi dernier, un combat contre cette banque. Le juge Bushan Domah, siégeant en chambre, lui a accordé l’autorisation de puiser de ses comptes mis en saisie conservatoire une somme de 5,7 millions de roupies. L’ancien manager de la MCB avait déposé une demande dans ce sens auprès de la cour Suprême en faisant ressortir qu’il avait absolument besoin de l’argent afin de pouvoir faire face aux frais de deux appels qu’il a logés auprès du Conseil Privé de la reine (Privy Council) afin de se disculper et, également, pour pouvoir payer les frais de ses filles qui étudient à l’étranger.
La Maurituis Commercial Bank avait mobilisé trois hommes de loi pour faire échec à la motion, mais le juge s’est déclaré « satisfait de l’authenticité de la demande de l’appelant » (Lesage) et a accepté de modifier un ordre (Mareva Order) qu’il avait lui-même donné précédemment, recommandant que les biens (financiers et immobiliers) de l’ancien manager sous saisie conservatoire en attendant un jugement final du Conseil Privé de la reine. Robert Lesage, rappelons-le, a été condamné à rembourser à la MCB plus d’un milliard 300 millions de roupies, mais il a fait appel contre la sentence.
Robert Lesage a, certes, encore un très long chemin à parcourir pour se dépêtrer du scandale MCB/NPF éclaté en 2003. Il compte pour cela sur la sagesse des Law Lords britanniques devant lequel il entend établir qu’il n’a été que le bouc-émissaire d’un système qui – il l’a toujours maintenu – était courant au sein de la MCB.