Ibne Abdool Azize Beeharry (21 ans), traduit en Cour intermédiaire pour le meurtre d’une octogénaire, a été acquitté par la magistrate Niroshni Ramsoondar. Le jeune homme avait 19 ans au moment des faits. Bibi Fazila Soomratee, la fille de la victime Bibi Katoon Callachand avec qui elle vivait, a déclaré en cour qu’elle n’a pas reconnu l’accusé parmi les auteurs du crime perpétré à son domicile.
Le drame a eu lieu le 10 décembre 2008 dans un complexe à étage appartenant au fils de la victime rue Hatch à Port-Louis. Bibi Katoon Callachand vivait à l’étage avec sa fille Bibi Fazila Soomratee. Chacune occupait une chambre séparée, quoi que voisines l’une de l’autre.
Selon le dossier à charge, vers 13 heures le 10 décembre 2008, un groupe de cinq ou six personnes a pénétré chez la victime dans le but de la voler. Les événements ont tourné au pire : le corps de Bibi Katoon Callachand a été retrouvé inerte, allongé sur le dos. Il a été constaté qu’elle est morte d’asphyxie provoquée par un étouffement.
Dans la version qu’elle a donnée en cour, Bibi Fazila Soomratee a expliqué les dispositions des pièces de la maison pour dire que l’on peut passer par la cuisine de son frère pour avoir accès à l’intérieur. Sa mère, qui était en bonne santé, venait de terminer son repas et avait regagné sa chambre où elle s’était allongée. Elle-même avait pris place dans le sofa et regardait la télévision.
Soudain, des hommes masqués y ont fait irruption. Mme Soomratee a souligné qu’elle a reconnu certains d’entre eux, car ils étaient du voisinage et, plus particulièrement l’accusé également un voisin, par ses yeux et son nez, étant donné qu’il avait la figure et le nez masqués. Il avait un couteau à la main.
Le groupe a tenté d’étrangler la vieille femme. L’accusé et un complice l’ont attachée. Mme Soomratee s’est rendue dans la chambre de sa mère où elle a été, elle aussi, liée et menacée. Bien que n’entendant rien de ce que se disaient et faisaient les agresseurs, elle a déclaré à la cour qu’elle pense que « c’est l’individu d’origine indienne » qui a fait le coup.
Deux des membres du groupe, Jean Gilbert Landinaff et Richard Antoine, ont admis leur présence et leur participation à l’agression fatale. Ils ont été condamnés en cour et assignés comme témoins dans le présent procès. D’autres personnes ont témoigné lors du procès. Différentes versions ont été données. Après les avoir considérées, « the Court observes that in view of the fact that there appears to have been other accomplices present and in and out of the deceased’s room and that none of the prosecution witnesses deposed that Accused was the sole person who had had access to the victim and/or he committed the complained-of act, the commission of the offence at the hands of Accused has not been conclusively proved ».
Faute de témoignage conclusif sur la participation de l’accusé dans la commission du délit, ajoute la magistrate, des doutes subsistent. De ce fait, elle considère que la poursuite n’a pu établir la culpabilité de l’accusé. Celui-ci est donc acquitté.
La défense était assurée par Me Rama Valayden et la poursuite par Me Ashwina Jorai.