Depuis hier matin, la station météorologique de Vacoas accueille petits et grands. Cette initiative, qui cadre de la Journée mondiale de la météorologie célébrée chaque 23 mars, prendra fin cet après-midi. L’occasion de faire une petite incursion dans cette station souvent critiquée, de connaître ses différents départements et tâches quotidiennes et de comprendre son fonctionnement, dont la tâche n’est pas toujours évidente devant l’inexactitude de cette science qu’est la météorologie.
Sous un grand chapiteau, une exposition soigneusement préparée, des produits et appareils météorologiques, des officiers, techniciens et météorologues serviables et prêts à éclairer tout curieux, suscitent l’intérêt des visiteurs. Si bon nombre d’élèves se sont déplacés en autobus hier pour visiter l’exposition pour son volet éducatif, les parents accompagnés de leurs enfants sont attendus aujourd’hui. D’ailleurs, le grand jardin dans la cour de la Météo a été réservé pour contenir les voitures.
Au delà des simples prévisions du temps, les paramètres météorologiques ont un rôle clé à jouer dans les activités quotidiennes et socio-économiques allant de l’agriculture, au transport aérien et maritime, sans oublier le tourisme, entre autres.
S’agissant du transport aérien, explique Balraj Dumputh, directeur de la météo, les données météorologiques sont essentielles pour établir un plan de vol ; ce sont les techniciens de la Météo qui les rédigent à l’intention des compagnies aériennes et pour de chaque vol, qu’il s’agisse de vols à destination ou en partance de Maurice. Pression atmosphérique, vent, turbulence à différents niveaux de vol, ces informations, éclaire notre interlocuteur, permettent notamment de calculer la quantité de fioul nécessaire pour le vol, le poids du cargo à transporter.
L’expertise des météorologues est également sollicitée dans la marine. On apprend que la area of responsibilty de Maurice s’étend sur une vaste zone allant de l’équateur à bien loin au sud des Mascareignes. La Météo transmet ces données précieuses aux navires et bateaux : état de la mer, vent, vagues, dépressions.
Modernisation
De l’histoire de la météorologie à Maurice avec l’installation du premier observatoire en 1774 au Jardin de Pamplemousses par Nicolas de Céré, directeur des jardins, de la formation des cyclones, des flash floods, du glissement de terrain, la climatologie, le suivi des pluies, au système de radio utilisé pour communiquer avec les autres îles dépendantes de Maurice, le visiteur a beaucoup à découvrir. La modernisation et l’informatique ont changé le mode de fonctionnement des services météorologiques. « Tout va plus vite. Auparavant, on transmettait les données par morse, puis est apparu le téléphone. Mais maintenant tout va plus vite avec l’internet, le fax, satellite », concède Balraj Dumputh. La modernisation a permis par exemple aux stations automatiques de voir le jour. Ces appareils, au nombre d’une vingtaine, permettent de recueillir la pluviométrie et la vitesse du vent. « Ces appareils ne requièrent aucune intervention humaine. Les données sont transmises par ligne téléphonique. Un modem reçoit ces données, puis elles sont envoyées à un ordinateur qui les analyse », explique le directeur de la Météo. Les méthodes pour recueillir les données ont bien entendu également évolué. Du kitesounding introduit pour la première fois en 1922, nous en sommes aujourd’hui au Upper Air Sounding, qui consiste à lâcher dans l’air une radiosonde rattachée à un énorme ballon gonflé à l’hydrogène en vue de mesurer la pression de l’air, l’humidité, le point de rosée, entre autres.
La Météo se dotera par ailleurs d’un nouveau radar d’ici deux ans. « Nous bénéficions de l’expertise des Japonais pour un survey. Il faut souligner qu’un radar se monte pièce par pièce, ce n’est pas comme si on achetait une voiture ; il y a beaucoup de choses à prendre en considération : le bâtiment, la tour, les fréquences, entre autres », fait comprendre Balral Dumputh. Ce radar sera installé à Trou-aux-Cerfs en remplacement de l’ancien, devenu obsolète. À ce propos, il précise que le radar est un des outils utilisés pour la prévision. « Le radar ne permet pas de dire directement, deux jours à l’avance le temps qu’il fera. Un radar produit une photo des nuages qui se sont formés et nous permet de faire un nowcasting, ce qui veut dire ce qui va se passer dans les prochaines heures. Car, il arrive qu’une cellule se forme d’un coup, qu’il pleuve et que le soleil revienne tout juste après. Les prévisions du temps impliquent beaucoup de paramètres à analyser et qui doivent être faits par un météorologue », soutient Balraj Dumputh.