(Photo: AFP/Saeed KHAN)

Jusqu’à 50 Boeing 737NG ont été immobilisés dans le monde en raison de la découverte de fissures structurelles lors d’une inspection générale des appareils, a annoncé jeudi le constructeur américain.

Un porte-parole du groupe a déclaré à l’AFP qu’environ un millier d’appareils avaient à ce stade été inspectés et que moins de 5% -soit jusqu’à 50 avions- présentaient des « observations » qui nécessitaient leur immobilisation aux fins de réparations.

Qantas immobilise un Boeing 737 NG présentant une fissure structurelle

La compagnie aérienne australienne Qantas a annoncé jeudi avoir cloué au sol un Boeing 737 NG en raison d’une fissure structurelle, et qu’elle en inspectait 32 autres avec urgence.

« Cet avion a été retiré du service pour réparation », a déclaré la compagnie dans un communiqué, précisant que l’inspection des 32 autres engins serait effectuée d’ici vendredi.

Cette immobilisation d’un 737 NG, le prédécesseur du monocouloir 737 MAX, est le dernier problème en matière de sécurité pour Boeing.

Ces derniers mois, deux accidents de 737 MAX ont coûté la vie à 346 personnes en Indonésie et en Ethiopie, et ont mis en évidence des dysfonctionnements du MCAS, un logiciel censé empêcher l’appareil de partir en piqué, notamment en cas de perte de vitesse. Les 737 MAX sont cloués au sol depuis sept mois.

L’agence américaine de l’aviation (FAA) a ordonné ce mois-ci l’inspection des 737 NG qui ont volé plus de 30.000 fois, après la découverte de « fissures structurelles » sur un exemplaire en Chine.

Boeing avait précisé avoir découvert les fissures sur le « pickle fork », la partie de l’avion permettant de lier les ailes au fuselage et de gérer les contraintes et les forces aérodynamiques.

Qantas a avancé jeudi qu’elle avait détecté cela sur un engin utilisé moins de fois, qui a fait moins de 27.000 vols.

L’annonce faite par Qantas a suscité des craintes sur le fait que des fissures puissent exister également sur des avions plus récents, entraînant des appels à l’immobilisation de toute sa flotte 737.

« Ces aéronefs devraient rester en sécurité au sol jusqu’à la fin des inspections urgentes », a déclaré Steve Purvinas, représentant du syndicat des ingénieurs, dans un communiqué.

Qantas a de son côté jugé l’appel à immobiliser toute sa flotte de 373 comme « complètement irresponsable ».

« Nous n’utilisons jamais un avion que lorsqu’il apporte toutes les garanties de sécurité », a relevé Chris Snook, le chef de l’ingénierie de la compagnie. « Même quand il y a une fissure, cela ne compromet pas automatiquement la sécurité de l’avion ».

Le patron de Boeing, Dennis Muilenburg, s’est fait étriller par des sénateurs américains lors d’une audition au Congrès pendant plus de cinq heures. Visiblement ému, parfois au bord des larmes, il a clairement reconnu sa responsabilité dans les accidents des 737 MAX de Lion Air et d’Ethiopian Airlines.