Zéro pesticide chimique dans le futur. C’est ce à quoi vise le Bio Farming Support Scheme sur le long terme. Ce programme a été lancé hier au MSIRI, à Réduit, en présence de planteurs et d’éleveurs faisant partie du Small Farmers Welfare Fund (SFWF).

Sous ce programme, les planteurs bénéficieront jusqu’à 60% de subventions lors de l’achat d’engrais organiques et de pesticides bio. En l’absence du ministre de l’Agro-Industrie, Mahen Seeruttun, retenu par la réunion du  conseil des ministres, c’est la secrétaire permanente, Nirmala Bheenick, qui a transmis son message aux planteurs et éleveurs. Elle a annoncé la présentation prochaine d’un Pesticides Use Bill pour contrôler l’uti- lisation des pesticides sur les fruits et légumes dans les champs. Une telle initiative s’inscrit dans l’optique de zéro pesticide chimique dans le futur.

Le ministère de l’Agro-In- dustrie explique les raisons de la mise en place du Bio Farming Support Scheme: « Les intrants chimiques sont en train de causer beaucoup de tort à la terre de nos champs, à notre santé ainsi qu’à notre environnement. À travers le monde, les déci- sions qui sont prises tendent vers les produits organiques et un système où l’on utilise moins d’intrants chimiques. » De fait, Maurice ne veut pas demeurer en dehors de cette mouvance. « Le moment est venu de soigner la terre qui nous nourrit. » Un Pesticides Use Bill sera ainsi prochai- nement présenté avec, pour but, de contrôler l’utilisation des pesticides sur la culture des fruits et légumes. « Le département entomologie et le FAREI, qui opère sous la tutelle du ministère, effectuent déjà un travail pour expliquer aux planteurs et éleveurs l’importance de ce projet de loi, dans l’intérêt de tout le monde. »

 Cette démarche vers des engrais organiques et des pesticides bio, selon le ministère, « sera bénéfique à la population comme aux abeilles et aux papillons ». Et de poursuivre : « Maurice est l’un des rares pays où l’on produit l’un des meilleurs miels, mais aujourd’hui, nous ne pouvons produire en quantité car les abeilles meurent dès qu’elles vont dans les champs lors de la pollinisation. L’utilisation des pesticides bio aidera à protéger beaucoup de choses autour de nous. »

Le ministère a lancé un appel aux planteurs pour qu’ils s’enregistrent auprès de l’ACASS, une assurance qui les soutient suite aux catastrophes naturelles. Ces derniers doivent faire une contribution de Rs 600 par arpent de culture. Avant Berguitta, 335 planteurs étaient assurés alors qu’après le passage du cyclone, 200 autres se sont enregistrés. Depuis juin 2017, le SFWF a par ailleurs distribué 109 tonnes de sel ammoniacal à 1 077 planteurs au coût deRs1,4Met1895tonnes d’engrais organiques à 1 460 planteurs à hauteur de Rs 13,4 M. Le ministère a aussi déboursé Rs 232 000 pour la distribution de 93 génisses à des éleveurs.

Lors du lancement du Bio Farming Support Scheme jeudi, 47 enfants de planteurs et d’éleveurs ont été récompensés pour leurs efforts aux examens du PSAC, SC et HSC. Le SFWF a dépensé Rs 400 000 sous ce programme. Une cérémonie de lever du drapeau a par ailleurs eu lieu au début de l’événement.