C’est désormais officiel, après un retrait qui aura duré huit ans, l’ancien ministre de l’Éducation, Kadress Pillay est redescendu dans l’arène politique, cette semaine. Et c’est au Mouvement Militant Mauricien (MMM) qu’il a choisi de mener le combat désormais. “ J’ai rencontré au cours de la semaine une personne qui m’a posé la question si à mon âge je pouvais encore envisager de faire de la politique active? Je lui ai répondu que quand on veut servir son pays, il n’y a pas d’âge pour le faire.

Il faut que le coeur s’arrête de battre pour qu’on arrête forcément”, déclare Kadress Pillay. L’homme a défendu au moins deux couleurs politiques différentes depuis que, vers la fi n des années 1980, après avoir soumis, en tant que directeur du Bureau de l’Audit national, de brûlants rapports sur la mauvaise gestion fi nancière des institutions du pays, il fut approché par Sir Anerood Jugnauth pour intégrer son Mouvement Socialiste Mauricien (MSM). Élu député de Moka/Quartier Miltaire aux élections générales de 1983, il devint ministre de l’Industrie et du Commerce exterieur.

À ce poste, avec Sir Gaëtan Duval et Vishnu Lutchmenaraidoo, entres autres, il remit la Zone Franche sur les rails. Toutefois, affirme-t-il, ne pouvant plus supporter le gouvernement de l’époque lorsqu’éclata l’affaire Amsterdam – qui impliqua des députés MSM dans le trafi c de drogue –, il prit ses distances d’Anerood Jugnauth en 1986. Après une hibernation de huit ans, Kadress Pillay se retrouve sous la bannière du Parti travailliste de Navin Ramgoolam dans le cadre de l’alliance PTr–MMM de 1995. Ce fut à la demande de Sir Satcam Boolell à l’époque où celui-ci assumait encore le leadership du Labour et avant que Ramgoolam ne rentre au pays.

Il est élu en 2e position à Belle-Rose/Quatre-Bornes et fut fait ministre de la Santé. Il eut malheureusement à faire face à de puissants lobbies de médecins qui eurent finalement raison de lui. Muté au ministère de l’Éducation, une fois de plus, il se heurta à des conservateurs au sein du Labour qui firent tout pour saboter son plan de réforme de l’Éducation. Puis, il fut privé d’investiture aux élections de 2005, au profit de Rama Sithanen. Réhabilité par Navin Ramgoolam aux élections de 2010, il fut candidat rouge malheureux dans la même circonscription No. 18. Confiant Pourquoi Kadress Pillay se retrouve-t-il maintenant dans le camp du MMM, un parti qu’il a jadis affronté et dont le leader Paul Bérenger continue à dire que son parti ira seul les prochaines élections? Il soutient que “ce sont des amis communs qui ont établi le contact entre Paul Bérenger et moi. Ils m’ont demandé de venir aider le MMM à mettre sur pied son projet éducatif car l’éducation est pour moi primordiale.

Et j’ai trouvé Paul Bérenger très réceptif. Et il paraît que je peux recommencer à rêver d’un système éducatif qui ne soit pas uniquement au service d’une élite privilégiée, mais avant tout pour le peuple.” Kadress Pillay déclare qu’il est justement en train de lire un livre de docteur E.F. Schumarer, intitulé “Small is beautiful, study of economics as if people matters” qui va dans la droite ligne de son concept de l’Éducation. “Comme Schumarer, je suis un progressiste qui croit que pour qu’une société réussisse, il est incontournable que chaque individu qui la compose soit éduqué et ait surtout la chance d’avoir une éducation convenable qui lui permette de s’épanouir. Par deux fois, j’ai été au Parti Travailliste et je n’y ai pas vu la réelle volonté politique d’offrir ce type d’éducation. Je ne vois pas le Labour changer d’approche dans ce domaine. Je ne connais pas vraiment le MSM et la ministre de tutelle actuelle ne me convainc pas qu’elle a une politique d’éducation appropriée pour notre pays qui s’insère dans un monde devenu un village global. L’éducation doit être values inspired. Il faut réinventer l’île Maurice, son économie et sa politique de formation.

Je crois avoir de grandes idées de réforme éducative pour lesquelles Bérenger a eu beaucoup d’écoute. Je suis confiant que le MMM a le potentiel nécessaire pour les concrétiser. À mon point de vue, ni le Parti Travailliste ni le MSM n’ont cette volonté de réforme, mais le MMM, oui, et Steeve Obeegadoo avait d’ailleurs bien commencé le travail.” Signalons qu’un autre Pillay, de son prénom Megh et qui s’est distingué dans d’autres domaines de l’administration (aviation, agriculture et télécommunications), a également fait son entrée au MMM cette semaine.