Originaire de la région du Kerala, au coeur de la Grande Péninsule, le kalaripayat (kalaripayattu) est non seulement un art martial présent depuis des millénaires, mais également un art de vie qui mérite amplement que l’on s’y intéresse. Introduite récemment à Maurice par le chorégraphe indien Roy Gaurab Kumar, cette danse traditionnelle invite au voyage au sein de contrées lointaines, à l’époque où empereurs et rois étaient les maîtres incontestés des royaumes du sud. Le style a évolué et c’est une version plus contemporaine qui est adoptée au sein de l’école de danse du chorégraphe.
Dans la littérature sangam, kalari se réfère à un champ de bataille, alors que payattu renvoie à la notion d’exercice. Cet art martial, qui est de plus en plus pratiqué à travers le monde mais sous une version plus moderne, s’est imposé au fil des années comme une école spirituelle qui nourrit le corps et l’esprit.
“Il fut un temps où pour défendre les royaumes du sud de l’Inde, les rois utilisaient cet art martial, qui est d’ailleurs à l’origine des techniques de combat développées en Extrême Orient”, confie Roy Gaurab Kumar. “C’est une danse qui comprend l’utilisation du corps et des armes pour combattre, et elle puise son inspiration dans les mouvements d’animaux tels que l’éléphant, le lion ou encore le serpent.” À l’époque, les armes utilisées pour combattre étaient nombreuses et variées : bâton, sabre, couteau, bouclier, poignards ou encore lance.
La fluidité des mouvements a fait que cet art martial a obtenu le statut de danse. Les bienfaits du kalaripayat pour le corps et l’âme sont multiples, souligne le chorégraphe. “Le corps devient plus flexible naturellement et plus endurant. Ces mouvements aident à renforcer la partie supérieure du corps, ainsi que toute la zone inférieure, notamment les jambes, les pieds ou encore le bassin. J’utilise beaucoup ses mouvements pour aider mes élèves à travers les exercices qu’ils exécutent tous les jours.”