Un jeu propre, des mots qui claquent. Entre ciel et mer, l’équipage de Kama Moja a vogué sur les accords pour sortir de l’ombre et distiller sa musique après plus de cinq ans de silence. Un beau retour sous le Sapin de Camp Levieux, vendredi dernier, avec Etae en première partie.
Rares sur la scène locale, les lauréats de la première édition de Rêve de Star sont des musiciens qui ont su conserver l’âme et l’énergie de Kama Moja intactes, malgré une très longue pause. Sur scène, cela se ressent dans le jeu et dans le verbe : Kama Moja est en grande forme.
Du lourd.
Les précurseurs de la musique électroacoustique d’ici, avec l’injection de rock dans ses accords, ont encore un très bon niveau. Pionnier de ce jeu en douceur qui vous attaque par sa rafale électrique ou par son roulement de basse (avec son rouler), Kama Moja a fait rougir les jeunes pousses de cette musicalité par la finesse de son jeu. Que du bonbon…  
Musicalement, Kama Moja est toujours percutant dans son jeu, énergique dans ses transitions; textuellement, c’est poétique et engagé. On constate que les compositions de Kama Moja ne sont pas en déphasage avec la musique actuelle. Dans ce registre, le combo n’a rien à envier à certaines formations mauriciennes. Kama Moja reste du lourd.
Problème de son.
On regrette cependant que le groupe n’ait pas eu une sonorisation à la hauteur. Ce problème tend à devenir récurrent au Sapin (sauf pour le Festival Enn) et a grandement perturbé le jeu du groupe. Il est aberrant que le son du rouler (pièce maîtresse dans la musique de Kama Moja), de la guitare électroacoustique et du trombone soient inaudibles pendant tout le concert. Cela relève ici d’un simple problème de maîtrise du technicien du son. Tous les prétextes autour d’un temps court pour la balance ne tiennent pas…
Quoi qu’il en soit, le groupe a rempli sa mission, en présentant ses meilleurs titres issus d’Aster et Zistwar. Un beau cadeau de Noël. Le combo va se remettre au travail avec l’écriture de nouvelles compositions, pour une autre sortie scénique… dans un an.