Il fait partie des derniers charpentiers de marine de l’île. Karl Victor, 42 ans, s’est spécialisé dans la fabrication de pirogues en bois, métier qu’il exerce depuis une trentaine d’années. Nous l’avons rencontré sur la plage de Grand-Gaube, là où trônent quelques-unes de ses oeuvres. Il exprime sa gratitude envers son tuteur et confie sa crainte de voir disparaître le charme de ces embarcations imprégnées des couleurs de Maurice.
Assis sur la plage de Grand-Gaube, il contemple le paysage qui s’offre à ses yeux. Dans le regard de Karl Victor, les pirogues voguent sur la mer dorée par les rayons du soleil de cette belle matinée. Une douzaine de ses oeuvres sont délicatement secouées par les vagues. Il apprécie la vue, esquisse un sourire, avant de nous conter l’histoire magique et majestueuse que ses mains ont créée au fil du temps.
Son parcours est celui d’enn zanfan lakot. Amoureux du sable et des nuances de bleu de la mer, il se souvient qu’adolescent, il s’est souvent baladé sur cette plage. C’est là qu’il fera une de ces rencontres qui marquent une vie. Celle qui l’inculquera le maniement du bois, qui l’apprendra un métier et qui l’invitera à découvrir les valeurs de la vie.
Il se prénomme Alfred. Un homme pour lequel Karl a du respect depuis qu’il a 15 ans. “Je dois beaucoup à cet homme. Je venais de quitter l’école et je devais subvenir aux besoins de ma famille. Alfred m’a appris à fabriquer des pirogues. C’était son métier.”