Kate Foo Kune

Après la cruelle désillusion, le retour au sommet. Le parcours de Kate Foo Kune a été jalonné de difficultés, la dernière en date étant une suspension pour une sombre affaire de dopage. La badiste, basée en Europe, a mis ce triste événement derrière elle et se concentre sur la suite. À à peine 27 ans — elle les a célébrés le 29 mars —, elle rêve d’une deuxième participation aux JO, après avoir posé ses valises à Rio en 2016. Elle nous raconte le chemin vers la rédemption et son quatrième titre de championne d’Afrique, après le sommet de l’Afrique, après un raté monumental.

Kate Foo Kune, l’année dernière, à la même période, le monde sportif de Maurice encaissait l’onde de choc de votre résultat antidopage positif et, dans la foulée, votre suspension. Comment avez-vous vécu cet épisode ?

Comme vous l’avez dit, c’était le choc. Je n’y croyais pas. J’ai toutefois eu la chance d’être à Maurice au moment où les résultats tombent. J’ai tout de suite reçu le soutien de ma famille, c’était très important à ce moment.

C’est pourtant un coup de massue…

Oui. Et à ce moment, il est assommant. Je pense que c’est de loin le moment le plus dur de ma vie. Mais il y a eu le soutien de ma famille, de mon fiancé aussi. Tout cela m’a aidée et m’aide toujours.

Comment accueillez-vous la nouvelle à ce moment-là ?

Je me suis dit que ce n’était pas possible, que c’est un mauvais coup, un mauvais rêve même ! Je suis une joueuse de badminton, après tout.

Il y a, ensuite, ce deuxième coup de massue, cette suspension qui vous prive de toute compétition, et donc des JIOI 2019…

Cette fois, c’était plus dur. Je voulais vivre les Jeux à Maurice. Mais le sort était contre moi…

D’autant que vous avez connu les Jeux de 2015…

Oui ! À l’époque, l’esprit d’équipe était formidable. Et je me disais que ce serait encore mieux à domicile. Finalement, j’ai vécu les Jeux en tant que spectatrice. J’étais contente pour tout le monde, mais je voulais tellement faire partie de l’aventure.

Au milieu de tout ce tohu-bohu, vous décidez de vous battre. Le combat s’annonce long, mais vous vous lancez dans la bataille…

J’ai une façon de voir les choses. Quand je crois vraiment en quelque chose, je me bats jusqu’au bout. Dans ce cas précis, je voulais combattre une injustice. C’était long et ardu, mais je ne peux pas laisser passer cette injustice.

Pendant ce temps, comment vous occupez vos journées ?

Le fitness. Je faisais de grosses séances pour compenser le fait que je devais rester éloignée de toute compétition.

Et sur le plan moral, comment avez-vous géré votre suspension ?

Il y a des jours où j’ai voulu arrêter, où je ne voulais pas aller à la gym. Mais juste après, je me disais que les choses iraient mieux. On essayait de rester positifs et c’est vraiment bon pour le moral.

Lorsque votre suspension est levée, vous commencez avec quelques tournois…

J’avais quelques hésitations. J’étais un peu comme une folle. J’avais beaucoup à prouver et je voulais à tout prix montrer que je pouvais encore me battre sur les courts.

Sur vos premiers tournois après la levée de la suspension, quel est votre état d’esprit ?

Je recommençais à trouver mes repères. Je me battais sur chaque point. J’avais tellement à prouver.

Commence alors votre route vers les championnats d’Afrique…

Oui. Et je pense que cela a été encore plus motivant. Je suis restée concentrée jusqu’au bout. Chaque match était important pour moi.

Quels sont vos sentiments lorsque vous remportez la finale ?

J’étais soulagée et contente. À ce moment, je regarde mes parents, qui sont venus me soutenir en Égypte, j’ai une pensée spéciale pour eux. J’avais atteint mon but et je pouvais à nouveau respirer.

Reste que la qualification pour Tokyo est toujours en suspens…

Oui, nous sommes tous dans l’expectative avec le coronavirus qui sévit partout sur la planète. La Badminton World Federation ne nous a encore rien dit quant aux tournois qualificatifs. Dès qu’on en saura plus, on pourra aviser.

Pour conclure, où en êtes-vous avec votre affaire ?

Il reste une dernière audition pour boucler le dossier. Sauf qu’avec le coronavirus, on ne sait pas quand il va se tenir. Et d’un autre côté, je ne peux toutefois pas en dire plus puisqu’il s’agit d’une affaire en cour.