Le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, considère que la pandémie de Covid-19 constitue « un signal d’alarme » envoyé à la population. « Le Mauricien doit se rendre à l’évidence et accepter qu’il y a un type de comportement antisocial qui va contre le principe de base du civisme. Il est important que la population sache que ce ne sera pas ‘business as usual’ après le confinement. » Il évoque également une campagne de nettoyage lancée à travers le pays.

Le ministère de l’Environnement a été assez discret durant la période de confinement…

Un National Steering Committee présidé par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a été institué par le cabinet dans la perspective de la levée graduelle du confinement. Dans ce contexte, plusieurs sous-comités concernant le service civil, les autorités locales, l’éducation, la santé, le transport public, les finances, l’environnement, etc. ont été institués. Le National Steering Committee a pris connaissance lundi et mardi des rapports préparés par tous les sous-comités. Eventuellement, il y aura des discussions sur tous les aspects du post-confinement à la prochaine réunion du cabinet. Le ministère respectera toutes les responsabilités qui lui seront confiées. Pendant cette période de confinement, le ministère de l’Environnement, la Living Environment Unit (LEU) et la Workforce du ministère ont été actifs et ont collaboré dans la lutte contre la fièvre dengue. Comme vous le savez, dans certaines régions de Port-Louis, des cas de dengue ont en effet été enregistrés. Aussi, la LEU du ministère de l’Environnement était à pied d’œuvre pour nettoyer les terrains vagues. Par ailleurs, le ministère de l’Environnement, qui a sous sa responsabilité toute la partie gauche de l’autoroute dans les deux sens, a commencé un service de nettoyage depuis la semaine dernière. Le milieu de l’autoroute tombe, lui, sous la responsabilité de la Road Development Authority. Plusieurs parties de l’autoroute ont été touchées, notamment la région de Plaine-Magnien, de Rose-Belle, le Nord, ainsi que les autoroutes qui mènent vers Port-Louis. A partir de lundi prochain, en collaboration avec la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill, nous nettoierons tout le quartier de la NHDC de Camp Levieux et les espaces verts de cette région.

Beaucoup de personnes se demandent pourquoi le ministère de l’Environnement ne lance pas une campagne de désinfection et de pulvérisation ?

Tous les « sprayings» qui se font dans le pays le sont sous le contrôle du ministère de la Santé. On ne peut par conséquent prendre cette initiative. Ainsi, dans le combat contre la fièvre dengue, c’est le ministère de la Santé qui s’occupe de toute la partie concernant le « spraying ». Il est certain que vers la fin du confinement, il y aura une campagne de nettoyage de tous les espaces publics, tous les ministères et bâtiments publics. Bien entendu, le ministère de l’Environnement collaborera à toutes les campagnes de nettoyage qui seront entreprises. Nous sommes déjà en pourparlers avec le ministère de l’Education concernant le nettoyage des écoles. La main-d’œuvre du ministère de l’Environnement est considérée comme un service essentiel, au même titre que les éboueurs des municipalités, entre autres. Malgré les apparences, avec le « skeleton staff », nous continuons à travailler au niveau du ministère afin de s’assurer que notre programme de travail soit mis en œuvre.

Est-ce que la police de l’environnement travaille normalement ?

La police de l’environnement est toujours fonctionnelle. Elle était partie prenante dans la lutte contre la fièvre dengue. Il y avait beaucoup de carcasses de voitures dans la région de Port-Louis. La police de l’environnement les a enlevées car elles accumulent de l’eau et deviennent donc une source de prolifération de moustiques. Un bon nombre de membres de la police de l’environnement et de la LIE ont également aidé le ministère de la Sécurité sociale en ce qui concerne la distribution de packs alimentaires à tous ceux qui étaient sur la liste SRM. Cette collaboration se poursuit.

Comment voyez-vous la situation générale ?

La situation n’est pas simple. Le Premier ministre a annoncé la présentation prochaine d’un Covid-19 Bill, qui prendra en considération la situation d’exception dans laquelle nous vivons depuis le début de la période de confinement. Une fois le confinement levé, il ne faut pas croire que ce sera un retour à la normale tout de suite, parce que nous sommes dans une situation d’exception, que ce soit au niveau des ministères ou encore des espaces commerciaux et publics. Tout cela devra être pris en compte et soutenu par un cadre légal.

Les engagements pris concernant l’environnement et le réchauffement climatique tiennent-ils bon ?

Au niveau de l’environnement, j’avais annoncé, à la suite des assises de l’environnement, une série de mesures dans le court terme concernant notamment l’utilisation du plastique, les sacs en plastique et le tri des déchets à travers le pays. Toutes ces mesures font partie des « regulations ». Elles ont été préparées et nous avons reçu l’aval du cabinet. Il s’agit maintenant de faire quelques « fine-tunings » au niveau du Parquet avant que les règlements ne soient publiés à l’officiel dans la Gazette du Gouvernement. Une fois cette étape franchie, nous procèderons à la mise en place d’un certain nombre de mesures, notamment en ce qui concerne le « single use plastics ». Et il y aura également des règlements en ce qui concerne l’installation des déchetteries à travers le pays.
Les officiers du ministère de l’Environnement sont à pied d’œuvre. Tous ceux qui travaillent sur le plan directeur 2020-2030 le font à un rythme de trois séances par semaine. Nous peaufinons actuellement le plan directeur. Nous avons eu une réunion de travail avec tous ceux concernés par ce plan lundi. Une prochaine réunion est prévue mercredi.

Le Parlement devrait être rappelé bientôt…
Cela fait partie de l’espace démocratique du pays. Il nous faut nous assurer qu’il se rencontre dans des circonstances qui respectent les normes sanitaires.

Quel message avez-vous pour la population concernant la salubrité publique ?

Il faudrait considérer que le Covid-19 a été un signal d’alarme pour la population par rapport au comportement des Mauriciens. Le Mauricien doit se rendre à l’évidence et accepter qu’il y a un type de comportement antisocial qui va contre le principe de base du civisme. Il est important que la population sache que ce ne sera pas « business as usual » après le confinement. Il est important qu’en termes d’hygiène notre comportement de tous les jours soit remis en cause.