Reconnaissable grâce à son costume composé de bouts de plastique, Kevin Appama rode de sa grande taille dans les environs du marché du Vacoas à la nuit tombée. Il ramasse de quoi se nourrir, en philosophant sur les dures épreuves qui ont marqué son parcours. Sous son attirail de superhéros désenchanté et désabusé, Plasticman provoque l’incompréhension alors que la vie ne lui a jamais fait de cadeau. Sous son masque, ses yeux racontent sa volonté de fuir le désespoir ainsi que son besoin de liberté.
Vacoas, 21h. Kevin Appama, 40 ans, arbore son costume grossièrement composé de bouts de plastique. Son corps entier en est recouvert, pour le protéger “des ondes de broadcasting”. Kevin se couvre également le visage d’un masque. Également en plastique, il ne révèle que sa barbe et ses yeux d’un noir intense.
À cette heure, les âmes ont abandonné les environs, laissant derrière elles un centre-ville mort. Le marché, plus grand qu’un terrain de foot, vit encore. Des gens y viennent à motocyclette, à vélo et à pied pour ramasser les légumes abandonnés après une journée de foire. Un amas de haricots, un panier rempli de grenadines et des oranges encore rangées dans des boîtes font partie des ingrédients qui composeront leurs repas.