C’est un visage qui ne leur sont pas très familier que les turfistes ont vu en action samedi dernier à l’occasion de la 6e journée. Il s’agit de Kevin Bohorun qui fait partie de la petite communauté de jockeys mauriciens qui exercent leur talent à l’étranger. Basé à Perth en Australie, notre compatriote s’accorde en ce moment quelques jours de vacances dans son île natale.  Voulant joindre l’utile à l’agréable, il a décidé de faire une demande au Mauritius Turf Club pour l’obtention d’une licence temporaire afin de pouvoir monter en compétition ainsi qu’à l’entraînement. On devrait le voir en action lors des deux prochaines journées après quoi il mettra le cap sur l’île continent pour poursuivre son aventure australienne.
De tous les cavaliers mauriciens en action à l’étranger, Kevin Bohorun est peut-être l’un des plus méconnus. Âgé de 30 ans, ce nordiste a débuté son apprentissage au bord de la mer sous la férule de Dario Basset-Rouget. « Je montais Bruto qui appartenait à M. Khalid Rawat  à Pointe aux Cannoniers et c’est là que tout a commencé », se remémore-t-il. Ayant décidé de poursuivre dans cette voie, le jeune Bohorun devait mettre le cap sur l’Angleterre en 2005 pour approfondir ses connaissances et y séjourna pendant deux années. « J’ai beaucoup appris en Angleterre mais malheureusement je n’ai pas eu la chance de monter en course. Aussi, je ne me sentais pas prêt pour monter en compétition », confie-t-il.
Après deux ans passés dans la blonde Albion, notre interlocuteur se vit confronter à un dilemme. Poursuivre sa carrière dans le Kentucky aux Etats-Unis ou mettre le cap sur l’Australie. « C’est sans hésitation que j’ai opté pour la deuxième option. Ce choix s’est imposé de lui-même en ce sens que l’Australie est plus proche de Maurice, ma terre natale. » Là-bas, il fait la rencontre d’un propriétaire, Peter Wallis, qui l’aide tout au long de son apprentissage à Perth.
« 130 victoires à ce jour »
En Australie, la vie ne lui fait pas de cadeau mais Kevin Bohorun ne se laisse pas gagner par le découragement. « J’ai été champion chez les apprentis avec un total de 11 victoires. A ce jour, je compte 130 victoires à mon actif », dit-il fièrement.  L’année 2015 ne fut toutefois pas aussi fructueuse que les années précédentes. « Je n’ai pu être constant dans mes performances cette année-là en raison d’un problème au dos dont j’avais négligé l’importance. Alors que je devais observer un repos de deux mois, je me suis remis en selle après seulement cinq jours et les conséquences n’ont pas tardé à se manifester.»
Fiancé à une Australienne, Kevin Bohorun compte une victoire au Champ de Mars. C’était lors de son passage en août 2013, quand il mena à la victoire l’outsider Read My Heart (39/1) pour la défunte écurie Serge Henry. « I remember that win very well. It was on a yielding ground and I had to make my move completely wide », se souvient-il.
Invité à se prononcer sur le niveau de la compétition au Champ de Mars, Kevin Bohorun a déclaré que c’est d’un bon niveau. « La qualité des chevaux a beaucoup évolué depuis que je suis les courses mauriciennes. J’espère que cela continue. »
Et quelle serait sa réaction si d’aventure une proposition lui était faite pour monter pour une saison au Champ de Mars ? « Je n’ai reçu aucune offre jusqu’à présent mais c’est sûr que j’aurais aimé monter pendant toute une saison ici. J’étudierai toute proposition intéressante qu’on me fera en sachant quand même que tous les entraîneurs ont un jockey attitré ».
Pour la journée de samedi dernier, Kevin Bohorun n’avait à l’origine q’une monte, Pierneef, mais suite à l’indisponibilité de Yashin Emamdee, il s’est vu octroyer trois pick up rides du côté de l’entraînement Gujadhur. « Ek Tha Tiger était de loin ma meilleure chance mais il n’a pu changer de vitesse dans la dernière ligne droite. Pierneef est à créditer d’une bonne course tandis que Brandewyn et Direct Approach avaient visiblement besoin de leur course respective et sont à revoir », a-t-il commenté.
Avant de prendre congé, Kevin Bohorun a tenu à remercier Vincent Allet et Ramapatee Gujadhur pour la confiance placée en lui et aussi Derek Hip, stable supervisor à l’entraînement Perdrau.